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Chäsgær, tome 2 - Serenya Howell

  • Photo du rédacteur: Clem
    Clem
  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture

Chäsgær

Tome 2 sur 2

Auteur : Serenya Howell

Editeur : Editions Plume Blanche (02/12/2025)

276 pages




Résumé :

Selen a accompli son destin. Elle a réalisé tout ce que Chäsgær et le monde attendaient d’elle : Argoth, le roi des Éthérés est mort.

Alors pour quelle raison son cœur plonge-t-il, jour après jour, un peu plus dans le chagrin et le désespoir ? Pourquoi le pouvoir semble-t-il lui hurler un véritable appel à l’aide ?

La jeune femme prend alors une décision aussi radicale que dangereuse : tourner le dos à Chäsgær et donner corps à ceux qu’elle a appris à traquer. Et si une vie sans les Éthérés ne valait pas la peine d’être vécue ?






Avis :

J'ai lu le premier tome de Chäsgær fin 2025, en lecture commune avec Mandy et je terminais mon avis sur ces mots : "C'est toujours un peu frustré de ne pas savoir que l'on tourne la dernière page avec une envie : ouvrir le prochain tome pour enfin avoir des réponses." La lecture de ce second opus aura attendu un peu mais c'est toujours avec ma partenaire de lecture que je l'ai découvert, et nous avons pu échanger nos points de vue avec une troisième comparse puisque Zoé nous a rejoint.

La dernière phrase de mon avis sur le tome précédent s'applique plutôt pas mal à ce second opus car la frustration est l'un des sentiments qui m'a le plus accompagnée. Le récit est lent et nous est conté du seul point de vue de Selen. La jeune fille essaie d'apprivoiser ses nouveaux pouvoirs, et surtout d'arriver à vivre avec ce qu'elle a fait. Ce qu'elle a fait, alors que toute son âme lui criait le contraire, dans l'unique but de construire un monde meilleur. Mais… se pourrait-il qu'on lui ait menti ?

Le fait que nous n'ayons pas une vision globale de la situation et autant de question que Selen réduit notre champ de compréhension; comme dans le premier tome, on sent qu'il y a quelque chose de pas clair au sujet de la grande purge, mais Selen n'investigue pas plus que cela et on a un peu l'impression de tourner en rond. On ressent tout l'endoctrinement dont elle a été victime, elle se retrouve sans cesse à douter de ce qu'elle ressent, pétrie par la peur de ne pas avoir de libre arbitre et d'être dominée par la magie. Difficile de faire la part des choses entre ce qu'on lui raconte depuis toujours, qu'elle doit considérer comme juste et vrai et ses propres émotions. J'avoue que le personnage de Dinae m'a légèrement hérissé le poil avec son air hautain de celle qui a tout vu.

L'impuissance m'a également beaucoup côtoyée au cours de cette lecture. Ce n'est pas uniquement Selen qui est endoctrinée, mais toute la population. Ils ont été conditionnés à craindre les Éthérés et changer cet état d'esprit est quasi mission impossible; on le voit dans le premier volet lorsque les villageois détruisent ce qui les a toujours protégés lorsqu'ils prennent conscience de sa vraie nature. Le combat de Selen semble perdu d'avance quand les dirigeants, bien plus conscients de la vérité que le peuples, se complaisent dans leur petit confort et ne rêvent que d'étendre leur territoire et renforcer leur pouvoir. Pas pour le bien de tous mais pour assoir leur autorité. Les réactions impulsives de Selen face aux manigances des puissants, même si elles n'arrangent pas les choses, ont quand même un petit côté satisfaisant.

Ce qui est triste, c'est que les hommes ne semblent pas avoir appris de leurs erreurs passées. Ce qui est triste c'est qu'aucune voix ne s'élève car certains pensent, ainsi, pouvoir préserver ce qui peut l'être. Mais ce n'est pas cachant la vérité que l'on peut éviter le pire; car elle finit toujours pas ressurgir.

Alors que Zoé, Mandy et moi avancions dans notre lecture et que nous voyions le nombre de pages s'amenuiser, une seule interrogation subsistait : comme les choses vont pouvoir s'arranger ? Et puis la fin est arrivée, brutale, insoutenable. Même si je me demande ce que j'ai trouvé le plus insoutenable : ce que Selen a fini par découvrir ou ce qu'elle a fait après. Une chute intense, que je n'avais pas forcément anticipée à cause de la narration. Un épilogue qui m'a laissée en larmes et encore plus attachée au personnage d'Alrus qui m'avait pourtant fort déçue dans ce tome. Mais quand on pense agir pour le bien de quelqu'un, est-ce vraiment mal d'aller à l'encontre de ses désirs ?

Je tape ces mots, près de quinze jours plus tard, après avoir rencontré l'autrice, Serenya Howell, avec Mandy et Zoé, et lui avoir dit tout le bien que je pensais d'elle. Je tape ces mots et l'histoire résonne encore en moi. Je ne pensais pas avoir tant à dire à son sujet. Je ne peux pas dire que j'ai adoré parce que ce le récit et ce qu'il est; vous comprenez probablement ce que je veux dire si vous aussi vous l'avez lu. Mais il a ce côté réaliste qui fait qu'une personne seule contre tous ne peut pas vraiment changer les choses. Elle peut en tout cas semer des graines et je pense que c'est ce que Selen a fait. Tout dépend de la manière dont son histoire sera racontée par la suite mais on sait qu'Alrus veille au grain.

Chäsgær fait cruellement écho à notre société (même si nous on a pas les Éthérés on a, entre autre, une planète qui agonise) mais nous rappelle aussi que même dans les ténèbres les plus profondes, une lumière brille (ça Alrus le met clairement en évidence en parlant du protégé de Selen). Et je crois qu'on a tous besoin de cette petite lumière.

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