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Fauve - Léna Jomahé

  • Photo du rédacteur: Clem
    Clem
  • il y a 8 heures
  • 4 min de lecture

Fauve

tome 1 sur 2

Auteur : Léna Jomahé

Editeur : Editions Plume Blanche (07/04/2026)

480 pages


Résumé :

Les Lunivis font face à une menace grandissante :

les mécazoares, ces créatures sanguinaires programmées pour les exterminer, semblent se multiplier.

Au sein des clans, les guerrières Zaomis sont formées pour les combattre, souvent au péril de leur vie.

Fauve choisit de renier sa destinée, celle de Prima, de cheffe, héritage de sa mère et de sa grand-mère, pour les rejoindre et protéger la communauté.

DISCRÉTION

FORCE

DISCERNEMENT

Aujourd’hui, les offensives sont sans pitié et les pertes, de plus en plus lourdes.

Les Zaomis sont contraintes de trouver des solutions précaires, pour espérer survivre et voir briller les lunes, une nuit de plus…


Avis :

Je poursuis ma découverte du pack Plume Blanche 2026 avec la parution d’avril : Fauve. J’ai déjà lu toutes les publications Plume Blanche de Léna et le premier tome de Fauve a été une surprise puisqu’il fait beaucoup plus « sérieux » que ne peut l’être Bloodwitch ou Headline, beaucoup plus adulte que ne peut l’être Dégénérescence ou Les Oubliés; ce n’est d’ailleurs ni de la bit-lit ni de la dystopie, ce qui fait sans doute aussi la différence. Toujours est-il que je ne m’étais pas attendue a trouver Léna Johame sur ce terrain et que c’est vraiment une réussite ! Quel univers et surtout quelle héroïne ! Vous serez prévenus, si vous lisez ces lignes, de ce qui vous attend en basculant dans la jungle de cette magnifique couverture : le mot « douloureux » est probablement celui qui est le plus répété entre les pages de ce premier tome. Et, effectivement, l’autrice ne ménage absolument pas ses personnages !

Fauve est Luvinis, c’est une jeune-femme remarquable autant par son apparence (victime d’un coup de lune, elle présente de nombreuses tâches blanches sur son épiderme foncé et sa chevelure rousse jure avec celles habituellement plus foncées du reste de la population) que par son caractère (elle sait ce qu’elle veut faire et surtout ce qu’elle ne veut pas faire : prendre la suite de sa mère et sa grand-mère comme dirigeante - Prima - de son Clan, le Clan du Ruisseau). Fauve est un peu une tête brulée et, depuis toujours, elle veut devenir Zaomis, c’est-à-dire guerrière, pour protéger son village des monstres qui le menacent. Son physique n’est pas un avantage quand il faut passer inaperçue et se rendre invisible aux yeux de l’ennemi mais sa meilleure amie, Lyana, et elle, s’entrainent dans l’art de la discrétion et de la dissimulation. J’ai beaucoup aimé l’univers imaginé par Léna Jomahé, l’organisation de cette société matriarcale autour de la Prima et de ses guerrières ; la menace des mécazoares, ces animaux métalliques qui déciment les populations ; les informations auxquelles les Zaomis ont accès et qui peuvent remettre en question certaines certitudes. Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est le réalisme des personnages, le fait que oui, Fauve (on s’en doute vu le titre éponyme) est une sorte d’élue mais malgré tout elle n’est pas indestructible, elle ne franchit pas toutes les difficultés en un clin d’œil (le douloureux a d’ailleurs dû vous mettre la puce à l’oreille), elle a besoin de (presque) autant d’entrainement que les autres. Bref, Fauve est une battante qui a encore plus de mérite parce qu’elle en chie.

Un bonne partie de ce premier tome est consacré à la formation des recrues qui souhaitent devenir Zaomis. On découvre, à leur côté, tous les aspects de la vie des guerrières, on assiste à leur transformation, à la prise de conscience des réelles difficultés, à la naissance de vocation aussi. On découvre le point faible des mécazoares ains que les informations qui sont cachées aux villageois afin de maintenir un certain ordre. On comprend les réactions impulsives de Fauve, il est tellement difficile de rester impassible face aux accusations. Bref, on vit le roman façonné par la plume addictive de Léna.

Alors que Fauve commence à trouver sa place au sein de cette communauté qu’elle a toujours admiré, elle se rend compte que tout n’est pas si rose, qu’il existe des dissentions entre les guerrières et que raisonner au nom du bien être commun en faisant parfois fi de ses propres sentiments n’est pas chose facile. J’ai senti un petit essoufflement dans mon engouement lorsque Fauve est tiraillée par ses émotions justement, qu’elle ne comprend pas les décisions de la cheffe des Zaomis parce que cela la touche personnellement (ou de près en tout cas) ; le côté romance ne m’a pas forcément emballée et m’a semblé en décalage avec ce que j’avais lu jusque-là. Mais il prend tout son sens pas la suite. Vraiment. Il est le commencement de la rupture totale qui s’amorce pour Fauve ; la jeune femme, qui n’avait jamais quitté son village, découvre le monde au-delà des barricades et le choc est immense. Léna Jomahé dépeint d’autres peuples qui occupent Trima et la société patriarcale que l’on découvre par la suite est en énorme contraste avec le mode de vie du Clan du Ruisseau. J’ai trouvé ça d’autant plus choquant. Puis, nous découvrons les ennemis ancestraux des Luvinis lors d'un rapprochement en parfaite opposition avec les convictions de Fauve, même si les premiers contacts soulèvent de nombreuses questions, que l’on comprend qu’il y a plusieurs versions de la même histoire et qu’on brûle de les découvrir. J’ai aimé que l’autrice introduise un regard extérieur, en la personne d’une soigneuse totalement étrangère aux conflits passés, qui n’a aucune idées reçues et ne reconnait pas les personnes qu’on lui a décrite lorsqu’elle les côtoie pour la première fois. Cela renforce l’idée de diabolisation transmise par les récits probablement modifiés au cours des années.

La conclusion de ce premier opus donne envie de découvrir la suite de toute urgence, pour avoir une autre vision de l’histoire, découvrir le mode de vie des Borakens et aussi parce que les dernières phrases laissent penser que Fauve est intervenue dans un plan bien huilé, dont elle n’avait pas connaissance, sans en saisir les rouages.


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