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La fille du serial killer - Alice Hunter

  • Photo du rédacteur: Clem
    Clem
  • il y a 7 heures
  • 3 min de lecture

La fille du serial killer

Auteur : Alice Hunter

Editeur : L'Archipel (04/06/2026)

336 pages



Résumé :

Pour fuir l'ombre d'un père tristement célèbre, Jane a changé d'identité. Aujourd'hui, elle s'appelle Jenny, elle est vétérinaire et vit avec son mari Mark et leurs deux enfants dans un village paisible du Devon.

Un matin, elle reprend connaissance allongée sur le sol de sa cuisine, les ongles couverts de terre. Et aucun souvenir de ce qui a bien pu se passer au cours de la nuit. Un peu plus tard, elle apprend qu'une jeune femme a disparu la veille au soir...


🦋🦋🦋


Avis :

Après avoir lu La femme du serial killer l'année dernière, et bien que je sache que ce second "opus" n'en était pas vraiment un, j'étais très curieuse de découvrir le nouveau livre d'Alice Hunter. Je trouve particulièrement intéressant le fait qu'elle s'intéresse à l'entourage de ces hommes (en immense majorité), qui fascinent autant qu'ils effraient. Entourage qui, en plus de subir l'affreuse révélation de la nature de leur proche, se retrouve, on ne peut pas le nier, stigmatisé et mis au ban car "il pouvait pas ne pas savoir". L'humain est ainsi fait : prompt à juger et jeter la première pierre.

Si Alice Hunter s'est lancé dans une série de roman ayant pour thème les proches de serial killers, c'est bien là le seul point commun entre ses romans, avec le côté addictif propre au thriller psychologique. Ainsi ne vous attendez pas à retrouver la fille de Tom et et Beth (La femme du serial killer) ici.

J'ai vraiment adoré La fille du serial killer, véritable page turner, articulé autour des points de vue de Jane (la fille), Mark (son mari) et de mystérieux échanges avec Paul (le tueur). Le personnage de Jane est vraiment très attachant et intrigant; accablée par des terreurs nocturnes et des crises de somnambulisme dont elle ne garde aucun souvenir, depuis son plus jeune âge, elle en arrive à douter elle-même de son innocence et le lecteur est partagé quant à ce qu'il doit croire. D'un côté Jane semble vraiment de bonne foi, mais d'un autre... il y a ce prologue qui peut laisser envisager une autre version de l'histoire et Jane, rongée par son passé, qu'elle n'a révélé à personne, a des absences de plus en plus nombreuses, les indices semblant pointer dans sa direction.

La disparition d'une jeune femme dans un petit village où tout le monde se connait est un évènement retentissant. Jane, comme Mark, ont des raisons de ne pas vouloir attirer l'attention sur eux et, si leur comportement laisse envisager qu'ils cachent des choses, on comprend aussi leur peur des conclusions hâtives. C'est d'ailleurs là tout le problème : peut-on se fier à la justice ou au regard de nos voisins alors qu'un faisceau d'indices apparait, d'autant plus lorsque l'on met du temps à parler ?

La question de la confiance est omniprésente dans La fille du serial killer, confiance déjà mise à mal par des comportements passés au sein du couple Jane/Mark. On sent la tension naissante, Jane qui perd pied, ne pouvant compter sur personne, pas même elle-même, alors que les souvenirs affluent durant ses cauchemars. Malgré tout le vie continue : école, boulot, activités avec les enfants... les occasions de communiquer s'amenuisent et les actes manqués s'accumulent.

On arrive à un point où plusieurs personnages semblent vraiment suspects... un plus que tous les autres. On arrive à un point où l'on commence à entrevoir qui est en face de Paul Salter lors de ces mystérieux épisodes d'échange. Episodes d'ailleurs très bien pensés car ils mêlent deux types de dialogues, brouillant ainsi un peu plus les pistes. Alors oui, j'ai su QUI avant la fin, mais l'autrice tente malgré tout de maintenir l'incertitude jusqu'au bout, et surtout, je n'avais pas deviné POURQUOI (pas le bon pourquoi en tout cas). De plus, l'épilogue est vraiment brillant et permet une nouvel lecture de ce prologue à charge.

J'ai eu beaucoup de mal à lâcher La fille du sérial killer, impatiente de savoir comment Jane allait se sortir du guêpier dans lequel elle s'enfonçait, si elle allait s'en sortir (surtout quand on connait la fin de La femme du serial killer... on pouvait imaginer le pire). Alice Hunter nous offre un huis clos étouffant et fort bien construit. Machiavélique pourrais-je même dire; porté par des personnages humains, des mamans commères, au patron de bar médisant en passant par des voisins intrusif. Une communauté prompte à juger les autres, oubliant que chacun a sa propre croix à porter et que personne n'est parfait.

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