Nos racines invisibles - Isabelle Lagarrigue

Nos racines invisibles
Auteur : Isabelle Lagarrigue
Editeur : Charleston (21/02/2023)
304 pages
Résumé :
Étudiante en archéologie, Romie vit une existence plutôt solitaire depuis la mort de sa mère, et alterne chantiers de fouilles au Brésil et cessions de travail sur sa thèse à Lyon. Si elle s’entend bien avec son père et sa grand-mère, elle n’a jamais pu avoir de discussions profondes avec eux, et a toujours eu l’impression qu’ils n’avaient rien en commun. À force d’étudier l’Histoire, elle finit un jour par avoir envie de partir à la rencontre de la sienne et, poussée par un inexplicable pressentiment, elle décide de faire un test ADN.
Alors que sa grand-mère veut l'aider à rencontrer l’amour et l’inscrit sur le même site de rencontres que celui qu’elle fréquente, et que son père cherche à entrer dans le Livre Guinness des Records par tous les moyens (y compris en soufflant sur un petit pois), c’est dans une quête de ses racines que Romie se lance. Et ce qu’elle va découvrir bouleversera sa vie et son avenir.
J'ai lu quelque part que les amis qu'on se faisait avant ses vingt ans étaient des amis pour la vie et que ceux qui venaient plus tard étaient plutôt des gens de circonstance. Parce que ce qu'on a partagé avant l'âge de vingt ans est sincère, authentique [...].
Donna met un point d'honneur à ne rien demander. Elle espère toujours qu'ils vont lui proposer. Elle devrait arrêter, l'espoir engendre la déception.
Excepté me rajouter une couche de charge mentale, je ne vois pas ce qu'un homme pourrait m'apporter actuellement.
- Tu crois à la vie après la mort ? Il prendre le temps de réfléchir avant de parler : - Ce n'est pas une question que je me pose. Je pense que c'est comme pour l'homéopathie. Si tu y crois, cela ne peut que te faire du bien, et il n'y a pas de mail à se faire du bien.
Avis :
J'ai déjà lu plusieurs romans d'Isabelle Lagarrigue et Nos racines invisibles faisait partie de ceux qui dormaient dans ma liseuse, que j'avais quelque peu délaissée ces derniers temps. Je l'avais téléchargé pour mon voyage estival mais n'avais pas eu le temps de le commencer durant mes vacances. Pour autant, cela ne m'a pas empêché de m'y plonger en rentrant puisqu'il était le prochain sur la liste.
Je fais partie de ces gens (vous commencez peut-être à le savoir) qui choisissent un livre sur le nom de l'auteur ou la maison d'édition ou parce que la couverture me plait, mais qui lit rarement les résumés ce dont je suis, la plupart du temps très contente car certains en dévoilent vraiment trop ! Je me suis donc plongée dans l'histoire de Romie sans rien connaitre de sa vie, ni de sa famille et cela a été très agréable de tout découvrir au fur et à mesure.
J’ai beaucoup apprécié la jeune femme (et encore plus sa grand-mère je crois) qui, suite à un test génétique sur internet se retrouve dans la plus grande des tourmentes : et si son père n’était pas son père ? Si sa vie était construite sur un mensonge ?
Romie alterne sa vie entre Lyon et le Brésil où elle réalise des fouilles, avec cet objectif qui guide sa vie depuis le décès de sa mère : écrire sa thèse. Seulement la thèse va un peu être mise de côté avec le tsunami que déclenche ce résultat.
Comme les autres fois j’ai beaucoup aimé la plume d’Isabelle Lagarrigue et sa façon de décrire les choses, de créer des personnages touchants et humains. A travers nos racines invisibles, elle évoque les secrets de familles et les impacts qu’ils peuvent avoir. Elle évoque aussi les différences générationnelles, la femme dédiée à son foyer, son mari, ses enfants; la femme qui s’oublie parce qu’on lui a appris que tel était son rôle. A travers le groupe des trois amies (de 70 ans ou plus) elle parle également de la solitude, de l’échéance qui approche et peut donner envie de réaliser ce dont on s’est privé toute sa vie. Le corps qui change, le désir, les enfants qui se donnent bonne conscience mais connaissent finalement si peu leurs parents ou tout du moins leurs besoins.
Nos racines invisibles est une très belle histoire sur les non dits, le deuil, l’ingratitude de l’adolescence, les regrets aussi peut être (même si ces termes ne sont pas forcément bien associé avec « belle » pourriez-vous me dire). C’est le talent d’Isabelle Lagarrigue : aborder des sujets qui font souffrir de manière sensible, de toucher son lecteur mais de montrer que rien n’est une fatalité.
Je reste cependant à moitié convaincue par les réactions de Romie, qui semble avoir eu un enfance des plus heureuses et auprès de ses parents, qui semble proche de sa grand mère et qui, malgré cela garde pour elle ses doutes et échafaude les pires hypothèses. Mention spéciale pour Gareth qui, à travers son parcours de vie, son métier fort original et sa grande sagesse a su toucher plus d’un cœur.




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