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Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres - Maxime Gillio


Ma fille voulait mettre son doigt

dans le nez des autres

Auteur : Maxime Gillio

Éditeur : Pygmalion-Gérard Watelet (22/03/2017)

Résumé :

" Je vois Gabrielle, ma fille, m'observer de son regard indéchiffrable. Pourquoi ce livre ? Après tout, c'est notre passé, sa vie, mes sentiments. Il concerne qu'elle et moi, pourquoi l'exposer aux yeux de tous ? Parce que nous en avons besoin. Parce que nous devons guérir de cet amour contrarié et nous retrouver. Je n'écris pas un livre sur l'autisme, encore moins un guide ou un mode d'emploi, j'offre les souvenirs que je nous ai volés. L'histoire banale d'un père et d'une fille." Chaque jour, les chiffres concernant l'autisme nous alertent 650 000 cas en France ... Si chacun est différent, la souffrance de l'enfermement est, pour eux comme pour leurs proches, commune. Une souffrance que Maxime Gillio tenté de contourner avec la force de ses mots, sincères et émouvants.



Avis :

Je vous repartage ici mon avis qui date de fin 2017, tel que. Depuis, mes beaux-parents et une amie ont lu Ma fille… et ont également été touché par la plume de Maxime. Aujourd'hui, c'est ma maman qui va le découvrir.

Il y a des livres qui vous touchent profondément, celui-ci en fait partie. Un jour, une amie a aimé le post d'une page Facebook "Asperger mon amour"; j'ai parcouru ce post, d'un père qui parle de sa fille autiste, et j'ai terminé ma lecture les larmes aux yeux. Je n'ai donc pas hésité, lors de la dernière opération Masse Critique de Babelio, à candidater pour ce récit de Maxime GILLIO (accessoirement auteur de ladite page Facebook) et j'ai eu la chance d'être sélectionnée. Le récit n'est pourtant pas un style que j'affectionne, je n'ai dû lire que très peu de récits dans ma vie (il va peut être falloir y remédier)… La lecture du post Facebook m'avait émue à l'époque, et ce sentiment s'est confirmé à la lecture de l'ouvrage. On passe du rire aux larmes (un certain passage m'a même fait pleurer de rire lorsque je l'ai relu à mon mari) et on est pris aux tripes par les mots de l'auteur, la mise à nu de ses sentiments. En tant que parent, on ne peut qu'être touché par ce désir de voir son enfant heureux, révolté par la prise en charge désastreuse, de l'éducation nationale notamment, bouleversé par le sentiment d'impuissance ressenti par ce père qui se bat pour et contre sa fille. Un parent s'inquiète en permanence pour son enfant, souffre de le voir malheureux et espère de tout son cœur qu'il aura une belle vie. Maxime GILLIO ne déroge pas à la règle, même si ces inquiétudes sont décuplées du fait de l'autisme de sa fille; il sait trouver les mots justes pour exprimer toute une palette de sentiments, tout en traitant son sujet avec une touche d'humour. En tant que « sans enfant », je pense que l'on est également bousculé par ce livre ; j'attends d'ailleurs impatiemment l'avis de mes deux meilleures amies qui se sont aussi laissé entraîner par Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres. Une très très belle lecture, qui se termine sur une note dramatique avec la nouvelle Asperger mon amour en annexe, faisant également ressortir la méchanceté des enfants entre eux et la bêtise de certains parents; mais comme le dit Maxime, on ne réagit pas toujours de la meilleure des façons face à ce que l'on ne connaît pas et qui nous fait peur. On ne peut qu'espérer, que Gabrielle saura apprécier les mots de son papa, et surtout qu'elle pourra réaliser ses rêves.

N'hésitez surtout pas à franchir le pas !



Retour dans la voiture. Je m'attends au pire, ferme les yeux et souffle : - Gabrielle, qu'est ce qui s'est passé, qu'est ce que tu as fait de mal ? - Ben rien, c'était trop drôle. - Qu'est ce qui était drôle ? - Le prof nous a mis deux par deux, et on a dû s'allonger. - Les combats au sol, oui, je connais. Et alors ? - C'était super marrant, on s'est senti le cul ! - Quoi ? - Ben oui, on se sent le cul à chaque fois ! - Mais non, vous ne vous sentez pas le… Gabrielle, ce sont des exercices au sol, comme quand on fait la bagarre sur le lit pour de faux. - Ah non, là, on se sent le cul ! - Mais… et tu l'as dit au prof ? - Oui. Dès qu'on s'allongeait, j'éclatais de rire et je criais : "on va se sentir le cul !", et ça faisait rigoler tout le monde. J'ai dû mourir de honte, et n'ai même pas osé retourner voir le prof pour m'excuser. Mais il y a quelques jours, alors que nous étions avec ton frère et ta sœur dans la voiture, je t'ai rappelé cette histoire que tu avais oubliée. Nous en avons tous les quatre pleuré de rire. Finalement, il était bête ton prof. Se mettre des planchettes japonaises, des balayettes et des tartes sur le museau à longueur de séance pour s'intégrer, c'est dépassé. Mais se sentir le cul, pour mieux faire connaissance, c'est ce qu'on devrait tous faire, c'est toi qui a raison.

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