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Est-ce que tu danses la nuit... - Christine Orban

Est-ce que tu danses la nuit...

Christine Orban

Albin Michel


Un résumé qui dévoile trois fois rien mais qui évoque un amour transgressif, ça intrigue. Ça donne envie de se plonger dans l’histoire. Et le résumé prend tout son sens en quelques lignes.




La morale flanche en une poignée de mots. Tout y est déplacé. Oserais-je dire malsain ? Sans doute. Mais il y a aussi une forme de passivité, d’inévitable, d’absolu. Et l’amour. Cet amour puissant. Inconvenant. Irrépressible.


"Ni passé, ni futur. Leur amour était un nuage qui passe."

Il n’y a rien de vulgaire ou de trash dans ce roman. L’auteur suggère, crée une attente, offre un regard délicatement déplacé sur l’histoire de Tina.


J’ai d’ailleurs été surprise par la passivité de la jeune femme. Comme si elle attendait que les autres, le monde, le destin décident à sa place. Pourtant, ne faut-il pas être téméraire ou rebelle, pour vivre une histoire si entière et en dehors des convenances ? Ce contraste interroge, forcément. Puis j’ai remis les choses dans leur contexte, leur espace temps, et j’ai compris.


J’ai compris et je me suis demandée jusqu’où cela allait la conduire et je me suis laissée prend au jeu. Je l’ai regardée faire fi de la morale même si sa culpabilité n’était jamais loin. J’ai observé cette presque femme se débattre et l’adulte qu’elle est devenue l’autopsier. Réanimer ses souvenirs d’un autre temps, les laisser l’envahir pour les vivre une dernière fois.


"[...] elle se demande si on peut sans dommage faire le chemin du présent vers le passé."

Ce livre, c’est avant tout, l’histoire d’un amour dévorant qui transgresse les conventions, mais c’est aussi l’histoire d’une femme qui remonte le temps et se souvient sans jugement.


Du point de vu de la forme, les chapitres sont très courts. Ils défilent comme notre esprit saute d’une pensée à l’autre. Si l’écriture est littéraire et que le récit et les réflexions analytiques se mêlent, le livre se lit à une vitesse folle.


En bref : un roman tout en contrastes sur un amour déraisonnable.



"Elle a bien tenté de résister. Une tentative minuscule, une volonté de libellule face à celle d’un homme, l’homme gagne, la jeune fille cède et se soumet.
L’affaire est enclenchée.
Les corps ont décidés.
Les émotions s’enchevêtrent avec violence et spontanéité. Qu’importe si c’est bien ou mal. L’irrépressible attirance empêche toute réflexion. Inconsciente témérité. La question des conséquences s’est effacée sous la détermination de l’homme."


"Qui peut se vanter de connaître là vérité ?"

#AlbinMichel

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