Il est trop tôt pour respirer - Victor Dixen
- Clem

- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Phobos⁴
Il est trop tôt pour respirer
Auteur : Victor Dixen
Editeur : Robert Laffont (23/11/2017)
650 pages

LANCEMENT DES CHAÎNES DES PIONNIERS DANS
3 SECONDES...
2 SECONDES...
1 SECONDE...
ILS PEINENT À REPRENDRE LEURS MARQUES.
Ils sont les rescapés du programme Genesis. Exilés sur Mars, ils ont traversé un désert de solitude. De retour sur Terre, ils sont emportés par un tourbillon de célébrité.
ELLE PEINE À REPRENDRE SON SOUFFLE.
Obsédée par des questions sans réponse, Léonor refuse les honneurs et les caméras. Le danger planant sur la planète bleue est-il vaincu pour toujours ? Les secrets hantant la planète rouge sont-ils enfouis à jamais ? Et si, d'un bout à l'autre du système solaire, tout pouvait basculer à nouveau ?
MÊME SI L'ANGOISSE MÈNE AU BORD DE L'ASPHYXIE, IL EST TROP TÔT POUR RESPIRER.
Avis :
Il y a presque 10 ans, je découvrais Phobos avec ce concept hyper original de speed dating / télé-réalité spacial. Après avoir enchainé les deux premiers tomes, j'attendais presque 2 ans avant de me lancer dans le troisième opus et, comme pour beaucoup de saga, ne finissais jamais la série... Je garde un souvenir mitigé de ces trois tomes : le souvenir d'un écrit très complet et atypique, qui sort des sentiers battus et de ce qu'on a l'habitude de lire; et en même temps quelque chose de très dérangeant dont toutes les révélations ne m'avaient pas forcément plu éthiquement parlant.
Il y a quelques mois, je rencontrais à nouveau Victor Dixen, à l'occasion de la sortie de sa série Les mystères d'Eversand, et resurgissait l'envie de clôturer l'aventure Phobos. Envie renforcée par une discussion avec ma libraire, grande fan de la saga. Je me suis donc lancée dans ce quatrième opus sans vraiment d'attentes, juste celle d'aller au bout de cette intrigue des années plus tard.
Je ne sais pas si c'est que quatrième tome qui est au-dessus des autres ou si ma manière d'appréhender les choses a énormément évolué depuis 2017, mais la lecture de Phobos⁴ m'a donné envie de relire toute la saga ! Je que je ferai probablement un jour, peut-être lorsque ma fille sera en âge de découvrir le combat de Léonor.
J'ai donc dévoré ce dernier volet, poussée par l'envie de savoir ce que deviennent les personnages, soumis au jugement de la population et des réseaux sociaux. Avant cela, il va de soi que j'ai lu un résumé détaillé des précédents opus ET que certaines choses me sont revenues, par flash, au fil de ma lecture. On retrouve ici le même découpage singulier avec les scènes hors champs, les croquis et les schémas intégrés au texte. Si les Pionniers ont pu négocier leur retour sur Terre et la censure immédiate de la chaine Genesis, ils n'en demeurent pas moins connectés puisque la plupart des candidats ouvrent une chaine personnelle afin de continuer à échanger avec le public. Ainsi, à chaque fois que l'un d'entre eux apparait en live, l'auteur décrit l'intégralité des faits, gestes et décors; donnant ainsi l'impression au lecteur qu'il assiste lui-même à la diffusion de la vidéo. Tout comme sur les vrais réseaux sociaux les commentaires des internautes marquent par leur réalisme, que ce soit ceux des détracteurs avec le #makethempay ou des personnes plus compréhensives qui soutiennent les rescapés de l'espace envers et contre tout, mesurant ce qu'ils ont traversé. Là où ça devient très intéressant, c'est que malgré les preuves de la duplicité de Serena McBee, malgré le rapport Noé qui a été divulgué en direct, il reste ceux qui savent tout mieux que les autres et qui crient au complot; ceux qui continuent de soutenir Serena et nient l'existence du rapport... goût amer d'une certaine réalité. Rappelons que Phobos⁴ a été publié en 2016 (et donc probablement écrit encore plus tôt)... et pourtant, il sonne terriblement contemporain avec ses réfugiés climatiques et cette planète qui se meurt sous l'indifférence du plus grand nombre.
Victor Dixen rend son récit extrêmement réaliste avec des personnages humains qui oscillent entre l'envie d'en finir avec cette expérience et besoin de justice. Qui se retrouvent jugés par ceux qui les admiraient il y a peu encore, reproduisant des faits qu'ils leur reprochent pourtant, s'octroyant le droit de condamner alors que c'est justement ce qui est critiqué. L'auteur fait ressortir avec beaucoup de justesse le meilleur comme le pire de l'humanité: celui qui jette la tomate et celui qui tend le mouchoir. La révolte gronde dans l'esprit du lecteur, notamment vis à vis de cette fille de bonne famille qui se croit tout permis et croit pouvoir tout acheter... ou encore contre l'ombre de Serena McBee qui, bien qu'absente, n'a jamais été aussi présente.
Le roman est découpé en plusieurs parties, nous passons d'une chaine à l'autre, mettant ainsi en avant certains personnages plutôt que d'autres. Avec, toujours, celle par qui tout a commencé, celle qui a pris, un peu malgré elle, un rôle de leader et qui désire, plus que tout, retourner à l'anonymat : Léonor. Léonor qui se cherche, Léonor qui fait tout pour protéger ses amis, sans arriver à combler le gouffre en elle. Léonor qui part à la recherche de ses origines et qui, malgré tout ce qu'elle a subi, continue de vouloir se battre pour sauver l'humanité, même si cette dernière ne semble pas vouloir être sauvée.
Une très chouette conclusion, qui tient en haleine et réveille le désir de faire mieux.




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