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Joueuse - Benoît Philippon

Joueuse - Benoît Philippon

Auteur : Benoît Philippon

Equinox Les arènes

Parution : Mars 2020

Note : 4 / 5

357 pages

Résumé éditeur :

Maxine est une de ces femmes à qui rien ne résiste. Elle tombe sous le charme de Zack, joueur de poker professionnel comme elle, mais elle n’en montre rien. Un manipulateur professionnel ne dévoile jamais son jeu.


Maxine propose à Zack une alliance contre un concurrent redoutable. Piège ou vengeance… Zack n’en sait rien. Mais comment résister à la tentation du jeu ?


Maxine est une tornade qui défie le monde si masculin des joueurs de poker. Elle est bien décidée à régler ses comptes, coûte que coûte.


Joueuse est une partie de poker virtuose où chacun mise sa vie. Un nouveau livre jubilatoire, teigneux, drôle et renversant, de Benoît Philippon, l’auteur du best-seller Mamie Luger, qui décidément aime les héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux.

Avis lecture :

J'ai découvert la plume de Benoit Philippon avec Mamie Luger, et ce fut une claque!

J'en redemande. Et j'ai été servie!


On retrouve dans ce roman des personnages haut en couleur et avec des plaies à vif par rapport à leurs passés. Ce type de personnage est très intéressant, complexe, et je trouve que l'auteur leur donne du corps et de la profondeur.

Zack tout d'abord, un brin séducteur et sûr de lui. Il a le poker dans le sang, une histoire de famille. Bon joueur, mais aussi très bon tricheur (avec lui même et avec les autres).

Baloo, qui même s'il chante "il en faut peu pour être heureux", est bien loin du personnage tendre de Disney. Histoire de famille sombre et cruelle. Il tente de se sauver en chassant ses démons en vue d'une rédemption, tout en flirtant avec le suicide. Et un jour, au milieu d'une énième déprime, il a une illumination qui va changer sa façon de voir les choses.

Maxine, personnage féminin, dont on ne connaît pas l'histoire personnelle au début (et dont l'ultime révélation arrive à la fin, même si j'avais hélas découvert assez vite le fil rouge) mais qui laisse entendre que sous sa carapace et son beau sourire se cache un passé des plus difficile... Une digne héritière de Berthe en quelque sorte, qui va se battre à sa façon, pour panser ses plaies (au sens propre et au sens figuré).

Les trois là ont un point commun : le jeu et le poker, ils sont tous des joueurs invétérés. Ils sont forts et s'enivrent de victoires, de manipulation. Ils vont se chercher, se prendre la tête et partir sur les routes pour des parties de cartes et des bastons, jusqu'à la partie "finale".

Un petit personnage, Jean jeune surdoué, est pris sous les ailes de ces drôles d'acolytes.

Le tout faisant un drôle de gang, un quatuor pas très catholique, qui va partir dans un road trip (ou une croisade) sur fond de vengeance. Un coup de bluff?

La façon de décrire ses trois personnages fait que l'on s'y attache.


La plume de Benoit Philippon est fluide, cash et acérée, le tout avec une grosse douce d'humour (parfois noir je l'avoue). J'avais adoré cela dans Mamie Luger et là, je suis encore conquise. Il n'y va pas par 4 chemins, et ça fait mouche.

Les dialogues sont savoureux et les personnages ne manquent pas de répartie.

Certains passages sont dures, mais très réalistes, sur des sujets de société très sensibles.


Petit bonus : un court passage où Maxine écoute la radio, sur un fait divers : c'est Berthe! Quel bonheur de retrouver Mamie Luger sur quelques lignes.


Un polar noir, mais aussi tendre (oui je sais que ce n'est pas évident à concilier et pourtant l'auteur y parvient très facilement). Et surtout il est totalement addictif et captivant, sur un rythme très soutenu et haletant! Les mots sont puissants, les personnages dévastés et très touchants!

Faites vos jeux les Reader's!


Il plaide coupable, comme la moitié de la société qui préfère porter des œillères pour ne pas voir les clodos crever dans la rue, les migrants squatter sous les tentes les mineurs de l'Est tapiner sur les boulevards, et, une fois bien au chaud sous son toit douillet, range son ersatz de bonne conscience à côté du balai à chiottes.
Faut bien qu'tu sentes que ça pique sinon tu sauras pas à quel moment t'es vivant et à quel moment t'es mort. Tant qu'ça pique, t'es vivant.