Le Dragon et l'Oiseau - Margot Looten

Le Dragon et l'Oiseau
La mémoire des os tome 1 sur 3
Auteur : Margot Looten
Editeur : Editions Plume Blanche / Plume Noire (01/07/2025)
674 pages

Le monde s'écroule.
Les dieux dorment depuis trop longtemps.
Partout, des guerres éclatent.
Les humains se soulèvent contre la souveraineté des elfes qui se déchirent entre eux.
Quelque chose patiente dans les ténèbres, déterminée à faire basculer les Terres Mères.
C'est dans ce sombre contexte qu'Azaëlla apprend l'assassinat de ses pères. Pour retrouver les responsables, elle opte pour un choix aussi radical que douloureux : négocier les services d'un conteur-d'os afin de se plonger dans leurs souvenirs contenus dans leurs ossements.
Lui apparaît alors la rencontre, l'ascension et la chute de ceux qui furent surnommés le Dragon et l'Oiseau. Eux qui luttèrent pour le salut commun, qui provoquèrent leur propre déchéance.
Et si leur mort avait entraîné dans son sillage celle de tous les peuples ?
Avis :
Je venais de terminer le premier tome de Leif et j’hésitais entre attaquer directement la suite ou découvrir Et vous brûlez dans ma haine de Justine Tiphagne, qui sort le mois prochain. Et puis, Mandy m’a proposé une lecture commune de La mémoire des os; La mémoire des os, ce livre dont j’ai sur-entendu parler, toujours de manière hyper positive et par conséquent le genre de livre que j’appréhende fortement de lire parce que j’ai peur de ne pas être autant hypée que les autres, d'en attendre trop parce qu'on en a fait des montagnes. D’autant plus que j’avais déjà tenté de le commencer (au mois de juillet pour la sortie du tome 2) et que je m’étais arrêtée au prologue…
Forte de ma lecture commune avec Mandy, me voici partie dans l'univers de Margot Looten et, à mesure que je tourne les pages sans pouvoir m'en détacher, je me rends compte que tout ce que j’ai pu entendre ou lire sur ce livre est amplement mérité ! Il est absolument éblouissant (waouh étant le premier terme qui m'est venu à l'esprit) et c'est vraiment difficile de le lâcher.
C'est tout de même une petite pavasse, parce qu’il fait plus de 600 pages, que l’univers est hyper dense et les personnages très nombreux. Pourtant, il n'y a aucune sensation de longueur, de lourdeur ou d'oppression. Si, comme moi, vous n'avez pas lu le résumé au préalable, vous verrez, on comprend assez rapidement la signification du titre "La mémoire des os" et franchement j’ai trouvé que c’était brillant et tellement original. On a également assez vite conscience que l'on connaît la fin avant de connaître le commencement, puisque deux personnages sont morts et c’est leur vie que l’on va découvrir à travers les pages de ce premier tome. On sait qu’ils vont mourir, c'est un fait inéluctable; et pourtant, même à la fin, même quand on arrive à ce moment que l'on appréhende mais qu'on comprend qu’il y a un espoir pour l'un des personnages, on ne peut pas s’empêcher de s'accrocher à cet espoir alors qu’on sait parfaitement qu’il est mort. Je pense que c'est le super pouvoir de Margot Looten qui a créé des personnages hyper profonds, des personnages qui sont "gris" pour la plupart, des personnages qui prennent des décisions dont ils ne mesurent pas toujours l’ampleur, qu’ils le fassent pour leur pays, pour l'accomplissement d'une vengeance personnelle ou tout simplement dans leur propre intérêt.
Dans ce premier opus, on se rend compte que malgré la bonne volonté des personnages, qui est avérée (même si il y a quelquefois autre chose derrière), de mettre fin à une guerre sanglante qui dure depuis, on ne sait pas réellement combien de temps (mais on a l'impression qu'elle a toujours été là), et qui fait énormément de victimes, il y a toujours l’un des camps qui surenchérit dans la violence. Grâce au point de vue du personnage que l'on suit, on arrive à comprendre pourquoi il agit de la manière dont il agit - notamment afin de couper court à toute tentative de vengeance par la suite… car les morts entrainent des orphelins et certains de ces orphelins, peut-être poussés par d'autres, voudront à leur tour venger ceux qu'ils ont perdu et faire d'autres victimes, comme un cercle sans fin. Ce n'est pas parce que l'on comprend les motivations que les choix sont acceptables et, pourtant, on s'attache à ces personnages pour tout ce qu'ils dégagent de positif, pour leurs bonnes intentions, pour leurs souffrances, pour leur naïveté peut-être, leur fougue et leur désir de voir un monde meilleur, trop tôt, trop vite et c'est probablement ce qui causera leur perte.
J’avoue que le fait que La mémoire des os soit un livre et pas un film aide beaucoup pour supporter certaines scènes; parce qu'il y a des morts qui sont vraiment violentes et des choix qui sont vraiment durs. Le filtre de mon imagination peut ainsi me protéger des différents carnages perpétrés.
On suit le personnage d’Aza, Azaëlla, qui, on l'apprendra bien plus tard, signifie la silencieuse. Elle cherche à savoir ce qui est arrivé à l’oiseau et au dragon, et Elyon et Torros, ses pères, pour pouvoir venger leur mort (et on revient à ce que je disais plus haut). Grâce à une personne qu’elle a cherché à travers les territoires, elle va réussir à accéder à leurs souvenirs et à apprendre des choses qu’elle ne savait pas, sur elle-même, mais aussi sur les décisions et les horreurs qu’on pu perpétrer ses pères, sachant qu’elle revit leurs souvenirs. Elle a leur vision, ce qui lui permet de comprendre (tout comme le lecteur le fait), les choix qu’ils ont fait.
Ce qui est hyper frustrant dans La mémoire des os, c’est qu’on est dans une escalade de violence et qu'il y a certains personnages qu’on n’arrive pas forcément à cerner complètement; on ne sait pas pourquoi ils agissent quand ils agissent, on pense qu’il y a peut-être une raison cachée qui pourrait l'expliquer mais on ne la connait pas. On va découvrir des trahisons, des attachements, des déchirements aussi.
Ce livre est absolument génial en fait ! Il y a du noir, il y a du blanc, mais rien n'est totalement tranché. Notamment ce personnage qui est entraîné par sa noirceur (parce que c'est ça nature profonde, le pouvoir qu'il a hérité des Dieux), malgré l’amour qu'il peut avoir pour les siens, malgré l’amour qu'il peut ressentir pour la personne qu'il considère comme l’homme de sa vie. Ses démons ne vont pas disparaître car on ne peut pas changer les gens malgré leur nature, mais il a tellement conscience de ça et il est prêt à tout pour protéger sa famille, même si c'est de lui-même.
Sous couvert d'une dark fantasy, je trouve qu'il y a tellement de choses vraies dans ce livre. Avec, bien sûr, un univers totalement imaginaire très sombre. Il y a des dragons, il y a des elfes, il y a différentes races, il y a toute une Histoire avec des dieux, des pouvoirs qui ont été transmis aux elfes... c’est un univers vraiment riche, vraiment complet et pour couronner le tout, c’est super bien écrit !
J'ai adoré lire ce premier opus avec Mandy et pouvoir en discuter tout au long avec elle, pour faire nos hypothèses, pour voir confirmer qu’on avait bien compris la même chose à certains endroits, pouvoir rager sur certains personnages, pouvoir se dire "bah ouais on l’aime ce personnage mais pourtant effectivement c’est vrai que ce qu'il fait c’est moche".
C’est un peu la magie "Margot" je pense qui arrive à faire prendre conscience qu’en fait tout le monde a peut-être un peu de bon en lui, que tout le monde aspire à avoir une vie heureuse. Pas forcément paisible par contre car, parmi les personnages, il y en a qui aspirent au pouvoir et c’est pour ce pouvoir qu'ils vont commettre des atrocités et sacrifier des personnes d’innocentes quand d'autres les sacrifieront aussi mais dans le but de mettre fin à cette escalade de violence; afin de bâtir un monde meilleur où chacun cohabite, sauf qu’en fait ça ne marche pas comme ça.
Lorsque, à la fin de ce premier volet en comprend l'ascendance d'Aza et l'on connait l'identité de la personne qui a trahi ses pères; lorsque l'on se rend compte que la grande méchante de l'histoire est elle aussi dépassée par des forces plus grandes qu'elle... on se dit que le tome 2 ne s'annonce probablement pas sous les meilleurs auspices. On l'attend autant qu'on l'appréhende, ne sachant vraiment pas quelle direction va désormais prendre l'autrice. Aza réussira-t-elle là où ses pères ont échoué ? Saura-t-elle prendre en considération l'éducation qu'ils lui ont transmise ?
Malgré tout, je pense attendre un peu avant de m'y plonger, le troisième et dernier tome ne sortant qu'en 2028.
Pour la première fois, j'ai dicté cet avis à chaud sur mon téléphone. J'avoue que j'ai parfois eu un peu de mal à me comprendre en me relisant (le téléphone n'avait pas forcément tout bien écrit comme il faut et on ne parle pas à l'écrit comme à l'oral)… je n'ai sans doute pas réussi à totalement bien le reprendre et me répète sans doute beaucoup mais j'espère que la passion transparait.




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