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Le village perdu - Camilla Sten

Le village perdu

Auteur : Camilla Sten

Éditeur : Seuil (01/10/2020)

432 pages


Résumé :

Comment tout un village peut disparaître sans laisser de traces ?

1959. Silvertjärn. La population de cette petite cité minière s'est mystérieusement évaporée. A l'époque on a seulement retrouvé le corps d'une femme lapidé et un nourrisson. De nos jours, le mystère reste entier. Alice Lindstedt, une documentariste dont la grand-mère est originaire du village, part avec une équipe explorer la cité fantomatique, en quête des secrets de cette tragédie. Mais la piste de l'ancien pasteur du temple déterrera la mémoire d'un sombre passé... Un passé qui hante encore le présent et semble avoir réveillé les ombres du village perdu.


Avis :

Un polar suédois, un résumé pour le moins intriguant, il ne m'en a pas fallu plus pour tenter ma chance sur Bepolar; l'occasion pour moi de découvrir une nouvelle auteure par la même occasion.

Le village perdu véhicule une ambiance angoissante, qui flirte avec le surnaturel, et nous pousse tout naturellement à chercher la vérité.

Camilla Sten nous plonge dans un huis clos pour le moins inquiétant, au sein d'un village abandonné et dans lequel la nature a repris ses droits. L'équipe chargée de récolter des éléments en vue de promouvoir un documentaire sur Silvertjärn et son mystère est composée de deux hommes et trois femmes, dont nous découvrons les liens et les rapports au fil de la lecture. J'ai eu un peu de mal avec Alice, l'héroïne, la petite-fille d'une ancienne habitante du village, la cheffe (et il ne faut pas lui enlever son titre), à qui ce projet de documentaire tient vraiment à cœur. Elle ne semble pas toujours avoir le sens des réalités, toute aveuglée qu'elle est par la réussite de son projet. On comprend que son passif avec les autres personnages, comme ses émotions, jouent sur ses prises de décisions et expliquent son comportement parfois égoïste, mais on a du mal à s'y attacher.

Nous alternons entre passé (juste avant la disparition de l'entièreté du village et le meurtre de Birgitta), présent (l'exploration du village par l'équipe pour le documentaire) et quelques lettres d'époque, retraçant la correspondance de la sœur de la grand-mère d'Alice, nous donnant une idée de ce qui est arrivé au village.

Certaines choses m'ont parues un poil incohérentes ou trop faciles, voire tirées par les cheveux mais globalement j'ai beaucoup aimé cette plongée dans le comportement collectif de ce village isolé.

Le village est vraiment oppressant, et la météo n'est pas en reste. Nous explorons, à la suite de l'équipe de tournage, les principaux bâtiments du village: école (où un bébé, seul survivant, a été retrouvé), église, mine ou encore la maison de l'arrière grand-mère d'Alice. Qu'est devenu le bébé ? Que c'est-il réellement passé il y a 60 ans ? Autant de questions qu'à l'instar des personnages, nous nous posons également; autant de questions dont nous découvrons, peu à peu les réponses.

Entre tensions personnelles, non-dits et jalousie sur fond de village hanté; Camilla Stern nous entraîne dans une expédition tendue, où passé et présent se rejoignent pour dévoiler la folie des hommes. La folie. Folie qui tient une grande place dans ce roman, quel que soit sa forme.

Une descente psychologique implacable et glaçante au cœur d'un village fantôme, qui étoffe l'intrigue et confirme l'addiction du lecteur.

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