Les disparus d'As Covas - Susana Fortes
- Clem

- il y a 16 heures
- 3 min de lecture
Les disparus d'As Covas
Auteur : Susana Fortes
Editeur : L'Archipel (12/02/2026)
256 pages

Résumé :
Le samedi 12 août 1979 au soir, trois enfants disparaissent dans la commune espagnole d’As Covas, en Galice, lors de la fête du Castro : Nicolas et Hugo Cadavid, 12 et 10 ans, et Blanca Suances, 8 ans.
Le lendemain matin, la fillette est retrouvée à des kilomètres de là, dans une zone marécageuse près d’un village portugais frontalier. Elle est étendue à demi consciente dans un panier en osier, tel un Moïse sauvé des eaux. Des deux frères, nulle trace…
Vingt-cinq ans plus tard, les ossements des frères Cadavid viennent d’être exhumés… Accompagnée d’un journaliste local, Blanca, qui n’a aucun souvenir de cette nuit-là, retourne sur les lieux du drame pour tenter de comprendre ce qui s’est passé.
Dans ce village d’As Covas qui semble figé dans le temps, au contact de ses habitants taiseux, des flashs lui reviennent, des souvenirs par bribes. Suffisants pour expliquer la mort des frères Cadavid ?
Avis :
Une disparition d’enfants, un retour sur les évènements des années plus tard… j’avoue que le pitch me plaisait bien. Au point de me pousser à découvrir la plume de Susana Fortes.
Malheureusement, c’est une petite déception pour moi et je suis restée sur ma faim. Ne vous attendez pas à la résolution d’un cold case en ouvrant Les disparus d’As Covas ; on revient certes sur des faits vieux de 25 ans, mais sans guère avoir plus de réponses.
Nous suivons Blanca qui, du haut de ses 8 ans, passe son été dans la famille de son père, dans un petit village espagnol proche de la frontière portugaise. Blanca passe tout son temps avec les enfants de la maison d’à côté, Nico, 10 ans et Hugo, 12 ans. Nous sommes en 1979, les enfants jouissent d’une totale liberté et occupent leurs journées seuls, à crapahuter dans le village et fourrer leur nez partout. Poussés par leur curiosité et leur esprit d’aventure, ils aiment se faire peur et surtout prouver aux autres qu’ils ne sont pas effrayés. Lorsque Hugo et Nico disparaissent, la vie de Blanca se retrouve bouleversée : la petite fille n’a aucun souvenir de ce qu’il s’est passé avant qu’on ne la retrouve inconsciente, ni de ce qu’ont pu devenir ses amis. 2004, Blanca revient sur les lieux du drame, à la recherche de ses souvenirs ; elle fait le point sur les années écoulées, repense à toutes les fois où elle a cru apercevoir Hugo ou Nico au détour d'une rue, se pense au dessus du vide sur lequel elle s’est construite.
Plutôt qu’une enquête criminelle, Susana Fortes nous offre un récit introspectif dans lequel Blanca tente de reconstituer les évènements de la journée du 12 août 1979. Elle appréhende la situation telle qu’elle l’a vécue enfant, avec son point de vue d’adulte, leur donnant une dimension nouvelle. Dans ce petit village où subsistent les souvenirs d’une guerre civile meurtrière, sur laquelle se sont construites certaines fortunes, violence et misère se côtoient et tous ferment les yeux. Face à ceux qui savaient mais n’ont rien fait, Blanca tente de comprendre. Souvenirs heureux se mêlent à d’autres, plus graves, trop graves pour les enfants qu’ils étaient. Sur fond de nostalgie, l’autrice dresse le portrait d’une société ancrée dans les traditions, d'hommes et de femmes prématurément vieillis par leur mode de vie. J’ai été assez hermétique au contexte géopolitique que je ne connaissais pas assez pour saisir les subtilités de cette fresque sur l’Espagne d’hier à aujourd’hui. C’est un récit doux amer dans lequel on constate que chaque petite décision a des conséquences. Si Susana Fotes parle bien de l'être humain et manie les mots avec talent, Les disparus d'As Covas m’a parfois semblé longuet et n’apporte pas de réponses à toutes les questions que l’on peut se poser, ce qui est profondément frustrant.




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