• Clem

With you - Amheliie & Maryrhage


With you

Auteures : Amélie C. Astier / Mary Matthews

Éditeur : Milady (21/03/2018)

Résumé :

Il y a quatorze ans, les vies de Reagan et de Vic se sont liées à jamais. Ils ont été kidnappés et séquestrés durant leur adolescence. Ensemble, ils ont vécu le pire, et en secret, ils se sont aimés malgré leur calvaire. Mais une fois que leur captivité a pris fin, la vie les a séparés. Aujourd'’hui, alors que la justice s'’apprête à être rendue, leurs chemins vont se croiser de nouveau. Ils ont changé, et les stigmates de plusieurs années de souffrance ont forgé leurs existences. Lorsque le présent les replonge dans ce passé de cauchemar, Reagan et Vic vont découvrir que les blessures infligées à cet amour sont loin d’'être refermées.


L'amour fait mal, c'est ce que les livres nous apprennent.
Le monde est four, les gens sont cons, et l'univers est injuste.

Avis :

Lors de la dernière GrosseOP Bragelone, j'ai craqué pour With you: déjà le résumé m'attirait beaucoup, et ensuite les auteures (que je ne connaissais que de nom) seront présentes à la RARE Paris 2019, c'était donc une occasion de les lire avant de les rencontrer.

Je me suis lancée dans la lecture de l'histoire de Vic et Reagan sans réelles attentes, mais en ayant lu des commentaires assez négatifs. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé la plume des auteures et les sentiments qu'elles mettent dans leur récit.

Je le savais déjà, With you n'est pas un livre facile à lire (il suffit de parcourir le résumé pour le comprendre) mais je trouve que Amélie et Mary ont relativement bien traité leur sujet. Malgré quelques petits passages un peu tirés pas les cheveux (ce n'est que mon avis), l'ensemble et cohérent et la psychologie des personnages très bien construite. Il est vrai que certaines scènes sont très crues et difficiles à lire, c'est d'ailleurs sur ce sujet en particulier que j'avais lu des commentaires négatifs, pourtant, malgré la dureté de ces scènes, j'ai trouvé qu'elles étaient nécessaires pour la compréhension de l'état d'esprit des héros, de la relation qu'ils entretenaient avec leur bourreau et du lien qui s'est tissé entre eux. Parce que ce lien, nous le voyons naître et nous il nous semble tellement beau dans l'horreur.

Le récit se déroule sur deux époques différentes : l'année du procès de Cooper (l'homme qui a séquestré les deux adolescents durant 4 années), nous suivons Vic, Reagan et leurs familles respectives sur les quelques mois de la durée du procès; en parallèle, nous découvrons les conditions d'enlèvement et de détention des deux jeunes gens, jusqu'à leur évasion, par le biais de différents moments "clefs" souvenirs qui émaillent le texte.

Je me suis énormément attachée aux personnages; Reagan est absolument parfait dans sa façon d'agir, de vouloir protéger Vic à tout pris et j'ai été soufflée par la maturité dont il fait preuve dans les conditions extrêmes dans lesquelles il se retrouve immergé. Je l'ai trouvé beau, jusque dans la colère qui couve en permanence en lui. Le lien entre lui et Vic est touchant, magique, on sent la puissance de ce qui les unit et la rareté d'un tel sentiment. Touchée par leur amour et ce qu'ils traversent, j'ai été absolument révoltée par l'ignominie de Cooper et par dessus tout par son comportement et celui de son avocat durant le procès (le simulacre de procès devrai-je dire?). Nous lecteurs, avions certes un avantage par rapport à tout le monde, nous savions ce qu'il s'était réellement passé; à tel point que plus d'une fois j'ai voulu intervenir en disant "mais non espèce de sale menteur". Bref, vous découvrez encore à quel point cela m'a agacée ! Le dernier point qui m'a écœurée, c'est la bêtise humaine et le jugement facile des bonnes mœurs (et le patron de Reag est un beau c*****d aussi). Vous noterez d'ailleurs plusieurs citations très réalistes. J'ai également trouvé que les relations familiales et la difficulté pour Reagan et Vic, comme pour leur parents de communiquer et se comprendre étaient bien traitées.

Si je n'ai pas compris certaines décisions prises par les auteures [SPOILER] je n'ai notamment pas compris pourquoi tout s'arrêtait à Vic et Reagan alors qu'à un moment Cooper dit que lui, contrairement aux autres a une fille et un garçon pour satisfaire ses désirs… que fait-on des autres, on n'en parle plus ? - et les 10 ans sans contact m'ont aussi un peu chiffonnée [/SPOILER], j'ai trouvé leur récit très fort, beau et plutôt convaincant dans ce contexte révoltant.

Je n'ai jamais vraiment compris ce côté voyeur et malsain. C'est étrange cette attirance pour le malheur des autres, pour la misère, en être spectateur et ne rien faire pour autant, à part juger. Peut-être est-ce une façon de se rassurer sur ce qu'on est - toujours moins mauvais que le voisin - ou sur sa vie - pas si pourrie en comparaison de cette des victimes.
Les journalistes ne se rendent pas compte de ce que c'est pour une victime de revivre chaque jour la douleur endurée pendant des années, de revivre un cauchemar. On nous demande de guérir, d'apprendre à vivre avec ce passé, mais, quand on nous le balance à la figure sans aucune autre forme de protection, c'est difficile.
...
Et peut-être que lorsque les gens ignorants arrêteront de donner leur avis sur tout et rien, on
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