• Clem

Le lion blanc - Angel Arekin


Le Porteur de Mort

Le lion blanc

Auteur : Angel Arekin

Éditeur : Plume Blanche (01/05/2018)

Résumé :

Seïs se voit contraint d'abandonner Naïs en Principauté pour retourner de toute urgence à Macline. Mais voilà, la jeune femme s'approche dangereusement de Noterre… au risque de tomber entre les griffes du lion blanc. Toutes les fondations du pays sont menacées et risquant de s'effondrer, et au-delà, celles de leur propre existence. Parviendront-ils à protéger leur univers, leur croyance et leur vie ? Réussiront-ils à se retrouver en dépit du fossé qui les sépare désormais ?

" Parfois, le silence est plu éloquent qu'une parole, me dit-il. - Parfois, il devient une barrière à la compréhension de l'autre, répliqué-je. - Parfois, en effet. "

Avis :

J’ai lu les deux premiers tomes du porteur de mort il y a plus d’un an et demi ; je les avais enchainés à l’époque, tellement prise par l’univers. J’avais Le lion blanc dans ma Bibliothèque depuis un an et pourtant, ne l’avais toujours pas lu, sans vraiment savoir pourquoi ; du mal à m'y mettre, le récit d’Angel Arekin est tellement dense qu’il faut vraiment être dedans ! Pourtant, une fois encore, plongée au cœur d’Asclépion, j’ai eu beaucoup de mal à m’en détacher ; il est d’ailleurs fort probable que j’ouvre le quatrième tome très prochainement !

Commençons pas les points « négatifs », le seul petit manque que j’ai ressenti, c’est le poids des mois qui se sont écoulés entre mes lectures ; si nous retrouvons une carte (fort utile d’ailleurs) en début de roman, j’aurais grandement apprécié un petit lexique des personnages, histoire de se remettre dans le bain. En effet, ceux-ci sont tellement nombreux que j’ai un peu peiné à m’y retrouver. Toutefois, même si ma lecture a probablement été plus difficile, j’ai réussi à suivre le fil sans trop de problèmes !

Comme je vous le disais, j’ai absolument adoré ma lecture ! Et, en recopiant les citations que j'ai relevé, j'ai envie de me replonger à nouveau dans l'univers d'Angel.

Tout est tellement parfait dans cette saga que je crains de n’être pas très objective : l’univers mêlant intrigues politiques, amoureuses et personnages plus qu’imparfaits ; les descriptions de l’auteure des paysages, des sentiments, des états d’âme et les phrases tellement juste que l’on pioche par ci par là et qui savent nous parler… Viennent s’ajouter à cela les fameux « passages en noir », toujours aussi mystérieux, mais qui commencent à venir s’imbriquer dans le présent; et je vous avoue que j’ai peur de comprendre quelque chose à propos de Shaolan. Je suis un peu frustrée de ne suivre Méridiane qu’au compte-goutte ; même si ces passages viennent couper l'histoire principale, j'ai parfois le sentiment qu'elle méritait son propre livre.

Angel Arekin arrive toujours à nous surprendre en introduisant de nouveaux éléments ou en redéfinissant la vérité que l’on croit détenir. Ce que j’adore surtout dans le Porteur de Mort ce sont ces héros tellement imparfaits, qui ne sont pas des enfants de cœur, parfois vulgaires mais qui savent nous toucher. Particulièrement Seïs avec toutes ses failles, son esprit plutôt négatif et ce sentiment de culpabilité qui lui est inhérent. J’ai également bien apprécié découvrir Noterre dans ce tome; il est à l'opposé de ce qu'on aurait pu imaginer de lui et sentir le regard de Naïs évoluer petit à petit, malgré sa lutte, était prenant. J'ai aimé la voir Naïs s’affirmer et suivre son propre chemin.

J’ai l’impression qu’il a encore tant de choses à apprendre sur cet univers qui semble si vaste, sur les histoires personnelles de chacun et surtout, j’ai hâte de savoir ce que vont engendrer les dernières actions du lion blanc, qui risquent de plonger les deux cousins dans une situation plus que délicate.

Difficile pour moi d’exprimer tout ce que j’ai ressenti à la lecture de ce troisième opus mais une chose est sûre : c’est un gros coup de cœur et j’en redemande. Les tomes du Porteur de Mort ont beau être de jolis pavés, ils se lisent vraiment très bien ; à aucun moment on ne trouve le temps long, les personnages arrivent à nous séduire au plus haut point et on brûle de découvrir ce que l’auteure nous réserve.

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Qu'est-ce qui vous choque ? La vulgarité a au moins le mérite d'être comprise par tout le monde. Elle est limpide, sans fioritures. Même vous, jolie jeune femme, vous la pigez très bien. Prenons un exemple. […] Mettons que je vous avoue que j'ai envie de vous sauter, c's juste que je veux vous baiser d'accord ? Il n'y a aucune ambigüité possible. Vous savez à quoi vous en tenir. Alors que si je vous fais la cour comme un bon gentilhomme, vous risquez de vous monter la tête, espérer le mariage et tout un tas de trucs qui n'ont rien à voir. Pourtant, le but reste le même : je veux toujours vous sauter. La vulgarité est sans doute moins élégante, mais au moins, vous savez toujours où vous allez. Pas de surprise. N'est-ce pas plus honnête ?

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Si tu avais le pouvoir de lire l'avenir, tu serais sûr de la décision que tu prends et du chemin à suivre. Tu ne le peux pas, alors tu prends seulement la décision qui te semble convenir le mieux. Peut-être qu'elle ne sera pas la bonne, peut-être que si. En l'absence de toute indication, on ne peut faire confiance qu'en notre jugement. C'est ça le courage, Seïs. Avoir peur et agir malgré tout.

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Tu voudrais posséder l'avenir, parce qu'il te semble sans doute plus clément, au lieu de chercher à améliorer ton présent. Tu voudrais fuir en croyant qu'en t'éloignant assez, tes soucis fondront dans le vent et ne reviendrons jamais te hanter. Tu voudrais changer de vie, de lieu, de peau. Tu crains que tout soit cloisonné et que tu ne puisses plus rien contrôler. Et si la véritable liberté était justement tout le contraire.

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La vérité est bien souvent travestie quand elle n'est pas dissimulée. La politique est l'un des domaines qui requièrent une forte propension aux mensonges et à l'hypocrisie. Elle est un monde de manipulations et d'illusions.

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Ca m'a rendu fou furieux de voir que personne dans le Ponant ne s'en rendait compte ou que ceux qui ouvraient enfin les yeux les refermaient aussitôt pour ne pas subir le courroux des Tenshins, de voir que les gens préfèrent plier le genou devant l'adversité plutôt que de s'élever pour y résister ensemble.

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Bien des gens préfèrent ne prendre aucune décision, ils ont ainsi la possibilité de se plaindre jusqu'à la fin de leurs jours. Les gens courageux choisissent leur voie, quelle qu'elle soit, et assument pleinement ce qui en découle.