• Clem

Peu importe - Julie Marini


Peu importe

Auteur : Julie Marini

Éditeur : Librinova (13/08/2019)

Résumé :

Sébastien a toujours vécu dans l'ombre de sa sœur. Marion est prioritaire, il ne peut rien lui refuser, après tout c'est elle qui est malade. Alors quand elle lui demande de rencontrer ce garçon dont elle est tombée amoureuse pour qu'il se rapproche de lui, Sébastien hésite. Il éprouve des difficultés à créer des liens avec les autres. Et ce n'est pas ce mec si souriant qui va changer les choses. Pourtant, Yannick, grâce à sa bonne humeur et sa persistance parvient petit à petit à percer la carapace du jeune homme et pour la première fois de sa vie, Sébastien pense à lui en premier.

Il n'allait pas se morfondre pour un simple bisou. Des tas de gens échangeaient leur salive tous les jours sans en faire toute une histoire.

Avis :

Je ne suis pas forcément une adepte des romances MM (histoire d’amour entre deux hommes pour les néophytes), je n’ai d’ailleurs lu que deux romans de ce type, mais lorsque Julie Marini m’a proposé de découvrir Peu importe, le résumé m’a totalement convaincue de renouveler l’expérience. Je vous avoue qu’à la base j’avais plutôt un a priori sur ce genre de romance, la peur de ne pas être touchée car je ne saurais pas m’identifier aux personnages peut-être. Toujours est-il que j’ai dévoré et adoré Peu importe.

Le roman de Julie Marini n’est pas une « simple » romance, c’est un récit qui pourrait s’inscrire dans la vie de tous les jours, qui parle d’homophobie, d’acceptation de soi, de sacrifice et aussi de maladie. Il se déroule dans les années 90 où téléphones portables n’étaient pas encore des objets de la vie quotidienne et où les mentalités étaient probablement un peu plus rétrogrades qu’aujourd’hui (quoi que). Je relèverai un point que j’ai trouvé très recherché : les appellations de chapitres ; ceux-ci commencent tous par le titre du roman Peu importe… suivi d’un nom annonçant la couleur.

Le récit se découpe en deux parties : la première, dans les années 90, nous présente la relation de Sébastien et sa sœur, qui s’est construite au fil des ans, un peu au détriment du jeune-homme, puisqu’il a dû composer avec la maladie de sa sœur et le poids que lui ont fait involontairement porter ses parents. Les deux jeunes-gens sont très proches, mais Sébastien cède au moindre caprice de sa sœur et celle-ci sait se montrer égoïste. Leur relation va se montrer mise à mal par l’apparition de Yannick dans leur vie. Julie Marini a parfaitement su retranscrire le déchirement de Sébastien entre sa dévotion à sa sœur et son attirance pour le jeune homme.

La seconde partie, rejoint le prologue et se déroule de nos jours, alors que Sébastien s’apprête à revoir sa famille avec qui il avait plus ou moins coupé les ponts depuis 12 ans. Nous savons donc, dès le départ, qu’un évènement va pousser le jeune adulte qu’il est à partir ; ce que nous ne savons pas, ce sont les circonstance exactes et la ou les personne(s) avec lesquelles il a pu fuir.

L’écriture de l’auteure est très prenante. Plutôt simple, pas de phrases alambiquées ou de grand discours, elle va à l’essentiel. Elle arrive à transmettre les émotions à son lecteur, à travers ses personnages qui sont tellement touchants. J’ai adoré la relation naissante entre Sébastien et Yannick, voir le jeune-homme s’ouvrir petit à petit.

Sébastien est un garçon qui m’a profondément touchée, mal à l’aise en société, il se contente de la compagnie de son meilleur ami de toujours, Loïc, de sa sœur et de la meilleure amie de celle-ci. Sébastien est un fils et frère exemplaire : il aide ses parents dans leur commerce, fait tout pour satisfaire et protéger sa sœur et en plus de cela, il excelle à l’école. Pourtant, un détail cloche : Sébastien ne pense pas aux filles comme tous les garçons de son âge. Loïc est à l’opposé de son meilleur ami, exubérant, un peu lourd sur les bords, du genre à sauter sur tout ce qui bouge, il ne rentre pas non plus dans le moule mais se révèle un ami en or. Quant à Yannick, c’est le personnage qui m’a le plus marqué je pense : plébiscité par toute les filles du lycée, il fait figure de modèle, est avenant, rayonne en apparence. Et pourtant, il jalouse secrètement son frère qui a réussi là où lui a échoué, il ne trouve pas non plus sa place au sein de sa famille car il a l’impression de décevoir son père. Mais Yannick vit la vie comme elle se présente, sans se poser de question, sans chercher à comprendre; simplement prendre le bonheur d’où il vient, se laisser aller aux sentiments qui le saisissent. Il est doux, attentif, compréhensif et l’on ressent son amour pour Sébastien d’une manière très claire. Parfois, je l’ai trouvé même très mur pour son âge.

L’un comme l’autre appréhendent la réaction de leur famille, l’un comme l’autre vont se trouver devant le fait accompli pour une histoire de jalousie, de sentiment de trahison. Si les réactions des parents sont radicalement opposées, elles n’en demeurent pas moins totalement réalistes : l’acceptation, le reniement. Certains mots sont durs, certaines réactions imprévisibles et ô combien appréciables.

Quelques scènes de sexe émaillent le récit, elles sont pleines de douceur et de sentiments, de découverte aussi. Le seul petit regret que je pourrais émettre concerne la seconde partie où tout va trop vite. Jusque-là, on avait pris notre temps et tout d’un coup tout s’emballe, on a une impression de manque, de retrouvailles un peu trop rapides.

Peu importe est un très beau roman que je conseillerais sans hésiter.


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