• Clem

Le prisonnier - Angel Arekin


Le porteur de mort - 5

Le prisonnier

Auteur : Angel Arekin

Éditeur : Plume Blanche (04/02/2020)

Résumé :

L'aura du Porteur de Mort n'a jamais été aussi oppressante ! Alors que l'ombre des spectres du passé tend à vouloir leur dicter leur destin, Seïs et Naïs font face à de nouvelles révélations qui pourraient bien tout faire basculer.

Dans les ténèbres de la montagne, les cris du prisonnier résonnent et viennent troubler leurs certitudes.

Méridiane, Shaolan et Torii sont plus près que jamais.

Je ne peux pas réécrire l'histoire. Je ne regrette pas mes choix… mais je regrette parfois les conséquences qu'ils ont eues.


Avis :

Le porteur de mort 5 est l’une des parutions Plume Blanche 2020 que j’attendais avec le plus d’impatience. Et si vous ne savez pas pourquoi, c’est que je ne vous en ai pas encore assez parlé ;)

J’ai eu la chance de pouvoir le découvrir un peu en avant-première (avec le pack disponible jusqu’au 31/12 sur le site de l’éditeur), et alors que je tournais la dernière page, je me suis demandé : mais comment fait-elle ? Comment fait Angel Arekin pour, après 5 tomes, toujours autant me passionner et surtout ne pas me décevoir. Cinq tomes et aucune lassitude, aucun essoufflement, aucun relâchement. Tout est calculé depuis le départ, tout s’imbrique, s’explique et j’en suis fascinée. Les tenants et aboutissants nous font parfois nous sentir tout petit, car tout ce qui s’est mis en marche depuis la sélection de Seïs, comme apprenti, nous dépasse largement. C’est beau, c’est fort, c’est tragique et ça prend aux tripes !

J’ai eu un peu de mal à me remettre dans le récit, probablement à cause de mon emploi du temps qui ne me permettait de lire que petit bout par petit bout; mais il a suffi d’un petit déclic pour que je redevienne accro ! Du genre à sautiller d’excitation devant mon livre ^^

La plume d’Angel Arekin est toujours aussi somptueuse : descriptive, riche, vivante ! Elle nous balade entre « passages en noir » et « le quotidien de Naïs et Seïs » même si, depuis la fin du volet précédent, les liens commencent à se faire très précisément. Ici, pour être exacte, on découvre vraiment le pont entre ces passages en noir et aujourd’hui, et je peux vous dire qu’on en reste sur le cul ! ...tout en se disant qu’une fois qu’on le sait, ça semble tellement évident (avec les consonance de noms par exemple). Par contre, on ne sait toujours pas avec exactitude ce qu’il est advenu de Méridiane et pourquoi.

Je suis complètement amoureuse des personnages, que ce soit Méridiane et Torii ou encore Seïs, Naïs, Rayne, Lestan et plus récemment Mael. Ces personnages si imparfaits et si humains malgré leur immortalité (pour certains). Dans ce tome, Naïs se révèle totalement, je crois bien que la majeure partie du récit est d’ailleurs de son point de vue. Les réminiscences du passé lui permettent de comprendre un peu mieux ce qu’elle était et elle est prête à tout pour protéger ceux qu’elle aime. De la petit fille timide il ne reste plus grand-chose et pourtant, elle conserve une part d’innocence et de candeur qui ne l’en rend que plus attachante. Sa relation avec Seïs est toujours un peu bancale mais leur amour survit malgré tout. Seïs, toujours aussi tête de mule et dominé par les Astories, se révèle par moment doux et attentionné. Son côté mauvais garçon est encore plus accentué à mesure que le pouvoir des Astories le dévore. Rayne est un peu moins présent dans ce tome, mais sur la fin, on apprécie de le voir s’ouvrir un peu. Quant à Lestan, je l’apprécie de plus en plus. Ses joutes verbales avec Seïs sont extrêmement plaisantes et on a parfois l’impression de voir évoluer un vieux couple - avec des divergences d’opinion, des envies de meurtres parfois ; mais, sans qu’on le voit vraiment venir, une sorte d’entente et peut-être de respect qui s’installe.

C’est un peu frustrant en fait, d’écrire un avis sur un cinquième tome, en essayant de ne pas trop en dire pour ceux qui n’auraient pas lu les précédents… Comment parler de Mael dans ces cas-là ? Mael dont le destin tragique m’a tellement touché, petit bonhomme de 8 ans livré à la bêtise et surtout à la peur des hommes. Petit bonhomme têtu et tellement attaché à sa maman, mais traité avec injustice par des êtres avides de grandeur.

Ce tome parle encore plus de soif de pouvoir, d’aveuglement de l’homme dans sa folle conquête ; on en apprend plus sur Shaloan, et les raisons qui l’ont conduit au pouvoir. En encore une fois, des phrases marquantes, qui font parfaitement écho à notre propre monde.

En très bref, c’est une tuerie. C’est complexe en terme d’intrigue, de psychologie des personnages, d’univers qui dépasse l’entendement et c’est profond aussi ! C’est wahou (j’avoue, quelle éloquence !). Je n'ai plus qu'une envie: me jeter sur le prochain tome, tout en sachant que ce sera malheureusement le dernier.

Oh. Et je suis aussi amoureuse de cette couverture !


Quand on est trop conscient, on n'agit jamais.

☠☠

- Le pardon n'est pas l'oubli, comme dirait un vieil axiome. - Les dictons c'est de la merde en boite, Naïs. Chacun est différent. Chacun a son seuil de tolérance qu'il ne faut pas dépasser, comme chacun est capable de pardonner ou de condamner. L'essentiel, ce n'est pas ce que pense […] au final. L'essentiel, ce que toi, tu penses. […] J'ai tué […] en me convainquant que je n'avais pas le choix, mais en réalité, on fait toujours un choix, qu'il nous plaise ou non. Personne ne peut m'incriminer ou me le pardonner parce que c'étaient des hommes très solitaires, mais pour autant, si personne ne me jette à la figure l'objet de mon crime, j'ai moi-même le pouvoir de me le reprocher et de ne pas me le pardonner. C'est toi qui détermine le bien fondé de tes actes. Tu as tué […] pour une raison qui t'est propre. Elle n'est ni bonne, ni mauvaise. Elle t'appartient. C'est à toi seule de savoir si tu y étais contrainte pour arriver à ton but, si tu devais en passer par là et de vivre avec la conscience de l'avoir fait.

☠☠

Les hommes ont un besoin fondamental de croire en quelque chose de plus grand pour accepter leur vie, leur mort, leur inutilité, justifier les actes, leurs crimes ou toutes les misères qui leur tombent dessus. Les hommes doivent croire. […] Les hommes ne sont pas capables de vivre librement sans qu'un autre les tienne en laisse. Les hommes sont de braves moutons. Ils se laissent guider par de beaux discours, de beaux visages et de jolis rêves de gloire et de fortune. Il n'en faut pas d'avantage.

☠☠

Les gens ne me déçoivent pas, parce que je ne m'attends pas à de grandes choses de leur part. En revanche, quand ils me surprennent, j'éprouve une joie immense. J'aime les défauts et les imperfections. Ils sont si humains, si attendrissants, si agaçants parfois. Si tout était parfait […] tout serait mort et vide.

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