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Au pays des eucalyptus - Elizabeth Haran

Au pays des eucalyptus

Auteur : Elizabeth Haran Éditeur : L'ARCHIPEL (04/02/2021)

454 pages


Résumé :

Nola Grayson est une jeune préceptrice en avance sur son temps. Mais, en 1910, la bonne société londonienne ne veut pas d’une enseignante aux méthodes pédagogiques jugées subversives. Ne prône-t-elle pas, entre autres, l’émancipation de la femme ? Aussi, quand Nola se voit proposer un poste à des milliers de kilomètres de chez elle, en Australie, décide-t-elle de tenter l’aventure. Pleine d’optimisme. Mais, une fois arrivée sur l’île continent, elle déchante. Les habitants de cette partie reculée du bush attendaient un instituteur. Quelle n’est donc pas leur surprise de voir débarquer une femme… Nola parviendra-t-elle à s’imposer dans cette terre dure et inhospitalière ? Et à trouver le bonheur ?


Avis :

Une institutrice anglaise exilée à l'autre bout du monde au début du XXe siècle. Déjà friande des récits de Tamara McKinley se déroulant dans les terres hostiles australiennes, j'ai tout de suite été séduite par les promesses de Au pays des Eucalyptus. Et ce fut une très bonne lecture !

Nola est un personnage extrêmement attachant. Présentée comme une femme plutôt "masculine" : de grande taille, peu de manières et des idées égalitaires. Oui, le récit se déroule en 1910, autant dire que ses initiatives n'enchantent pas tout le monde; surtout quand elle déguise les filles de ses employeurs en garçons pour les faire jouer dans un club de croquet !

Nola bouscule, Nola a des idées bien arrêtées sur la façon dont elle voit les choses et Nola touche également; à tel point que son responsable ne peut se résoudre à la laisser sans ressources. C'est ainsi qu'elle se retrouve embarquée dans un périple qui ne sera pas de tout repos, en direction d'une propriété australienne où elle n'était pas forcément attendue.

J'ai beaucoup aimé la volonté de la jeune-femme, son optimisme à toute épreuve (ou presque) et son énorme capacité d'adaptation. Extrêmement curieuse, elle ne demande qu'à apprendre, sur les cultures, sur l'élevage du bétail, sur la manière de survivre isolé de tout; s'étant préalablement documentée, elle apporte un œil nouveau et des suggestions novatrices, pas toujours très bien reçues… Sa qualité de femme a décidément bien du mal à lui faire gagner les faveurs des hommes du domaine, qui semblent vouer une répulsion à l'égard du "sexe faible". Cela s'explique, bien entendu, par des expériences passées que le maître et le régisseur ont pu avoir; et le caractère bien trempé de Melle Grayson se sera pas de trop pour se faire une place.

S'il y a une chose marquante dans le personnage de Nola Grayson, c'est sa dévotion envers ses élèves. En effet, elle est tout entière à leur bien être, pouvant investir sa propre paie en matériel. Peu importe ce qu'il se dit sur elle, ou la façon dont on reçoit ses idées, tant qu'elle peut apporter de l'instruction et un semblant d'amélioration à la vie des précieux enfants qui lui sont confiés. De plus, son attrait pour la culture aborigène, l’entraînera dans des aventures pour le moment mouvementées.

Tout est très romancé, mais ça passe franchement bien. Tout le monde finit par sortir de sa coquille au contact de l'institutrice et ce n'est ni la sécheresse, ni les voleurs de bétail, ni les beaux-frères cupides qui ne viendront à bout de la petite bulle de bonheur qu'elle véhicule. Ça parle de pardon, de don de soi, de petits bonheurs et d'acceptation du passé pour mieux avancer.

J'ai aimé retrouver les paysages arides de l'Australie, la force et la volonté de ces hommes et femmes, qui vivent dans le bush, à la merci des éléments, sans peur du travail à abattre, avoir une vision de la vie de ces tribus d'aborigènes et de leurs croyances, mais aussi de ces hommes, ni blancs, ni aborigènes, coincés entre deux cultures.

Des enfants attachants, soumis à une vie dure, des hommes bornés mais pleins de surprises et un domaine à sauver. Au pays des eucalyptus est un roman prenant, plein de bon sentiments, dépaysant aussi. La vie de Nola n'est décidément pas monotone, on ne s'ennuie pas une minute avec elle ! Et si certains événements sonnent un peu trop "tout est bien qui finit bien" on apprécie chaque instant passé à ses côtés.

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