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Crépuscule - Morgane Rugraff

Lune ardente

Premier cycle - Crépuscule

Auteur : Morgane Rugraff

Éditeur : Editions Plume Blanche (06/10/2020)

402 pages

Résumé :

Depuis la nuit des temps, les Sombre-Lune et les Sang-de-Soleil sont des peuples ennemis. Les premiers, adulateurs de la Lune, vivent en Tsagaan, pays de glace et de neiges éternelles. Les seconds, adorateurs du Soleil, règnent en Ulaan, royaume de sable et de luxure. Sur le point de perdre la guerre, Sioban Calypsa, princesse Tsagaan, pactise avec le roi Callaghan Huxley, son ennemi. Elle épousera son fils ainé, renoncera à son héritage de la Lune et deviendra une princesse bâtarde en embrassant la nation du Soleil pour protéger les siens. Si la haine des princes héritiers à l'égard des Sombre-Lune, ne souffre d'aucune limite, le Soleil semble pourtant perdre de son influence sur ses enfants… 


Avis :

D'abord décidée à conserver ce roman pour la fin d'année (afin de pouvoir enchaîner sur le second tome qui sort début 2021), j'ai finalement changé d'idée puisque Lune Ardente me permet de faire ma lecture du trimestre consacré à Morgane.

J'ai basculée toute entière dans l'univers de Morgane, pour n'en émerger qu'à la toute fin, complétement conquise et impatiente de pouvoir découvrir la suite. J'ai adoré ce monde en noir et blanc : d'un côté le soleil, de l'autre la lune; et entre les deux, un héritage de haine. Tout est extrêmement riche, que ce soit les légendes anciennes, les territoires ou les mobiliers. On s'imagine sans peine ce qui nous entoure (ou plutôt ce qui entoure les personnages).

Les cultures Tsaaganiennes (adorateurs de la lune) et Ulaanienne (disciples du soleil) sont très différentes; les deux peuples se diabolisent, considérant leurs rivaux comme des sauvages, sans rien entendre de leur mode de vie. La haine et les idées reçues sont si profondément ancrées qu'il semble impossible d'aller à leur encontre.

Dans les deux camps, les animaux ont une place importante, puisque des astres respectifs sont nés les Delvahnis, sorte de loup qui s'unit avec un cavalier Tsaaganien, et les Cortals, espèce de lion qui sert, entre autre, de monture aux Ulaaniens. Les uns les soumettent, tandis que les autres sont en osmose avec eux.

Au milieu de ce décor, se tiennent deux rois, deux princes et une princesse. Une princesse prête à tout pour sauver son peuple en détresse, quitte à se sacrifier elle-même. C'est ainsi qu'elle en arrive à se proposer en mariage, en signe de paix. Elle espère, en reniant tout ce à quoi elle tient, instaurer une entente durable entre les peuples ennemis, et une compréhension mutuelle. Mais c'est sans compter tout ce qu'elle ne maîtrise pas et la perfidie de la nature humaine… 

J'ai adoré tous les personnages. Certains ont peut être des traits de caractères trop poussés dans les extrêmes, et pourraient sembler parodiques; mais ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti. Au contraire, j'ai fait corps avec leurs sentiments, ai été tenue en haleine par leurs réactions, en ai détesté quelques uns, attendant avec impatience que la vérité éclate, prenant mon mal en patience quand la communication semblait trop compliquée.

Sioban est une femme admirable, qui conserve sa superbe même dans l'adversité. Elle est intelligente, ouverte à toute proposition qui permettrait à son peuple de vivre libre. C'est également une guerrière redoutable mais juste. Elle est à l'écoute et profondément humaine. Caleb et Logan, les princes Ulaaniens ont été élevés dans la haine des Tsagaaniens. L'arrivée de la princesse va profondément bouleverser leur vie (ou pas). Caleb est un con. Pardon, mais il faut le dire. Et je dois aimer les cons parce que, dès le départ, j'ai eu un gros faible pour ce cadet, toujours dans l'ombre de son frère. Cet homme torturé, qui se bat contre lui même et qui ne cherche rien d'autre que l'approbation de son père. Logan, quant à lui, est le fils prodigue; le futur roi. Très proche de son frère, il se complait pourtant dans cette compétition que leur père a initié. Je l'ai trouvé faux et trop lisse.

Les échanges sont pleins de verve. Comme il est délectable d'assister aux réparties acides et à la langue affûtée de Sioban. Elle arrive à remettre n'importe qui à sa place Et que dire de ce complot qui s'ourdit dans l'ombre. De ses masques que tous portent en permanence. De cette suspicion constante alors que Sioban avait les meilleures intentions. L'ennemi n'est pas toujours là où on le pense (lecteur y compris), mais certains sont trop bornés ou imbus d'eux-mêmes pour s'en rendre compte.  C'est une bataille permanente entre ténèbres et lumière, lune et soleil, noir et blanc. Comme si les deux ne pouvaient coexister. Comme si la suprématie d'un sur l'autre était indispensable.

Quel coup de cœur que cette histoire, ces personnages, ces sentiments. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite.



Quelques petits mots sur l'objet livre dont je ne parle plus… Comme toujours chez Plume Blanche, il est superbe. Entre la carte qui nous permet de nous repérer géographiquement dans le monde de Morgane, les silhouettes du cycle de la lune qui séparent les différentes parties, les têtes de Delvahnis que l'on retrouve à chaque page et les en-têtes de chapitres toutes en arabesque, c'est un régal pour les yeux !


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