top of page
  • Photo du rédacteurClem

Il était une fois la guerre - Estelle Thareau

Il était une fois la guerre

Auteur : Estelle Tharreau

Editeur : TAURNADA ÉDITIONS (03/11/2022)

254 pages

Résumé :

Sébastien Braqui est soldat. Sa mission : assurer les convois logistiques. Au volant de son camion, il assiste aux mutations d'un pays et de sa guerre. Homme brisé par les horreurs vécues, il devra subir le rejet de ses compatriotes lorsque sonnera l'heure de la défaite. C'est sa descente aux enfers et celle de sa famille que décide de raconter un reporter de guerre devenu son frère d'âme après les tragédies traversées « là-bas ». Un thriller psychologique dur et bouleversant sur les traumatismes des soldats et les sacrifices de leurs familles, les grandes oubliées de la guerre.


Avis :

Il y a deux raisons qui m'ont poussées à vouloir découvrir le nouveau roman d'Estelle Thareau : j'avais eu un coup de cœur pour le dernier (Les eaux sombres) et j'ai lu, à l'occasion de la rentrée littéraire, Ceux qui restent, qui parle des hommes qui font la guerre et de leur famille - je me suis dit qu'Il était une fois la guerre lui ferait peut-être écho.

Si les deux livres sont finalement totalement différents, on y retrouve un point commun : la fraternité sans borne qui existe entre les hommes qui servent ensemble leur pays, au détriment de leur vie de famille. De leurs femmes, qui ne comprennent pas et se sentent exclues.

J'ai retrouvé la plume captivante d'Estelle Thareau et ai complétement été scotchée par ce roman, la manière dont il est raconté, par la voix d'une tierce personne, qui comprend ce que vit le soldat Braqui, puisqu'il s'agit d'un reporter de guerre. Il m'a manqué une petite chose tout de même, pour vraiment appréhender le texte : dans quelles circonstances a-t-il été écrit ? Tout n'est-il que pure fiction ou l'auteure s'est-elle entretenue avec des militaires ?

Le lecteur a l'impression de lire un récit contemporain, l'histoire de son voisin, qui est lui aussi militaire. Pourtant, pas une seule fois Estelle ne cite le nom du pays de Sébastien, seule la mention d'un hôpital peut donner une indication géographique. De même, le pays dans lequel Braqui est envoyé à plusieurs reprise semble fictif.

J'ai été frappée par la manière dont l'auteure arrive à faire ressortir l'horreur de la situation de guerre, le décalage entre les ordres (politique) et ce que la conscience du soldat lui dicte. Mais surtout le mensonge médiatique (dicté par la politique) qui fait endosser les responsabilités aux hommes qui ont le plus contribué à essayer d'arranger les choses. La rage qui bouillonne en Braqui je l'ai ressentie aussi. J'ai fulminé des commentaires de ceux qui ne se mouillent pas mais qui sont les premiers à juger; j'ai assisté, impuissante à la descente aux enfers de Braqui, au fossé qui se creuse avec sa famille, à son incapacité à gérer les horreurs qu'il voit sans être aidé. C'est l'un des nerfs du problème : Sébastien garde tout à l'intérieur, pas étonnant que ça finisse par exploser. Parce que oui, je ne vous l'ai pas dit, mais le récit s'articule dans un décompte jusqu'à l'explosion.

J'ai également trouvé intéressant de découvrir les difficultés que rencontre sa femme, Claire. Seule pour élever sa fille, seule pour affronter le jugement des autres. Claire qui voit son mari s'éloigner, se renfermer, devenir dur. Le point de vue de Virginie est également éloquent : entre un père absent et une mère qui en souffre, elle rejette en bloc la parole de cet inconnu qui a un impact néfaste dans sa vie; elle ne lui laisse aucune chance.

Sébastien apparait comme un homme bon, tourmenté par sa conscience, dépassé par ce qu'il a vécu. Je l'ai trouvé extrêmement touchant. Toute sa vie il aura été la bonne poire : à exécuter des ordres qu'on lui reproche par la suite, le privant de ce à quoi il a droit; puis utilisé par ses collègues qui abusent de sa gentillesse pour le poignarder dans le dos ensuite... Il était une fois la guerre fait ressortir le mauvais côté des hommes et, contre toutes attentes, ce sont les respectables citoyens qui sont le plus nuisibles. Engoncés dans leur petit confort, ils n'ont de la considération que pour eux-mêmes.

Il était un fois la guerre est percutant, poignant, mordant. Il laisse une forte impression fatalité. La fin est surprenante. Vraiment. Et permet quelque part de boucler une boucle.

Enfin il y a l'épilogue, cet épilogue qui nous laisse sur une touche d'espoir. L'espoir que tout n'est pas perdu. Jamais.

13 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

ความคิดเห็น


bottom of page