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La rose et le bourreau - Patrick Pesnot

La rose et le bourreau

Auteur : Patrick Pesnot Éditeur : L'ARCHIPEL (07/10/2021) 358 pages

Résumé : Cancale, milieu du XVIIIè siècle. Orpheline de mère et fille de capitaine, Julienne ne supporte plus sa marâtre. Résolue à changer de vie, elle décide un jour de couper ses cheveux, en le les vêtements de son frère et se fait appeler… Henri. En route vers Paris, la garçonne vit d’expédients, dort à la belle étoile et se fait connaître de la maréchaussée en laissant pour mort un aubergiste émoustillé par son androgynie… La voilà engagée dans la campagne de Bohème, à travers Vosges et Forêt-Noire. Bientôt, quarante mille soldats franchissent le Danube et marchent sur Prague. Si Julienne se conduit avec bravoure, pourquoi chacun des hommes dont elle s’éprend – son capitaine, son compagnon de chambrée… – connaît-il un sort funeste ? De retour en France après avoir déserté, elle n’aura d’autre choix que d’assister dans sa tâche « Monsieur de Marseille » – le bourreau. Jusqu’à quand parviendra-t-elle à dissimuler son identité ?


Avis :

L'épreuve du moment du challenge #BookLanta, auquel je participe sur Instagram, consiste à lire un classique, ou un roman se déroulant avant 1900. Lorsque j'ai eu la surprise de recevoir La rose et le bourreau qui rentrait parfaitement dans le thème, j'y ai vu un signe.

C'est une lecture plutôt mitigée que ce roman historique; si j'ai trouvé la plume de l'auteur prenante et instructive, j'ai également eu un peu de mal avec Julienne et les situations dans lesquelles elle se fourre. C'est un personnage assez particulier, qui agit souvent sur un coup de tête, faisant fi du bon sens, se dépêtre de toutes les situations et est confrontée à des évènements souvent extraordinaires. C'est une jeune-fille qui se cherche et a, malgré sa grande indépendance, tendance à s'attacher très facilement aux gens qu'elle rencontre. Si cela est cohérent avec le fait qu'elle soit "perdue", ça m'a également dérangée.

Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est le langage "d'époque", les termes plus forcément usités de nos jours, mais que l'on comprend tout de même, et qui donnent de l'authenticité au récit. Ce sont les différences de langage entre les classes sociales (notamment entre Julienne et Marguerite), ce sont les descriptions qui nous transporte dans une France passée. De même, tout ce qui a attrait au métier de bourreau, à la façon dont ils étaient perçus, aux différentes missions qui lui étaient confiées et à la manière dont il exerçait son œuvre est vraiment intéressant.

Le destin de Julienne/Henri/Sans-Souci est un peu moins réaliste que l'environnement dans lequel il se déroule. En effet, la jeune-fille, qui passe communément d'un sexe à l'autre en fonction de la situation dans laquelle elle se trouve, traverse une série d'épreuves dont elle se sort toujours sans une égratignure. Il s'agit certes, d'une femme forte et futée, qui arrive à se faire passer pour un homme et trouve toujours un soutien au bon moment, mais à force l'auteur créé une accumulation qui commence à faire "trop" !

De plus, j'ai particulièrement été déroutée par la dernière compagne de Julienne, Apolline, et ses mœurs dépravées. Par l'expression de son désir charnel et sa fascination pour la mort.

La dernière page tournée, je ne suis pas sûre d'avoir réellement réussi à comprendre Julienne. Personnage à part, pour moi, lectrice, comme pour son époque je pense. Une chose est sûre, ce roman aura su me déstabiliser.

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