• Clem

Passer la nuit - Bastienne

Passer la nuit

Auteur : Bastienne Éditeur : Editions Plume Blanche (01/12/2020)

396 pages

Résumé :

L’emprise de la Nuit sur le monde s’accroit. L’emprise de la Nuit sur le monde effraie. L’emprise de la Nuit sur le monde corrompt. Face au chaos qui avance et aux jours raccourcis par l’hiver, Raven parcourt le monde pour tenter de survivre. Lors de sa rencontre avec Shaïa, une étrange et cruelle magicienne, sa vie bascule. Et si elle possédait le pouvoir de passer la Nuit ?


Avis :

Passer la Nuit est la sortie de décembre des éditions Plume Blanche. Il s'agit d'un one shot, à la couverture sublime et au résumé intriguant. Je l'ai lu dans le cadre du #Fantasycardschallenge organisé par la médiathèque de Moulins et je l'ai associé à la carte de la sorcière : livre écrit par une femme ou dont le personnage principal est une femme. Il répond aux deux critères et en plus, sorcières et magiciennes sont au cœur de ce roman.

Passer la Nuit est un roman extrêmement dense, qui se déroule dans un univers riche et sombre. Les personnages sont complexes et déroutants, on y croise une galerie variée et étonnante. J'ai beaucoup aimé le mixe de personnages humains, animaux et hybrides. Si les alliés de la Nuit, nommés mercenaires ont une apparence repoussante, entre homme et animal, on trouve également des animaux communs et d'autres plus extraordinaires.

A travers le périple de Raven, il est rare de pouvoir reprendre son souffle; le lecteur est assailli par tout un tas d'images et d'épreuves. Il découvre l'univers de Bastienne au compte goutte, alors que tous fuient dans la même direction : loin de la Nuit. La Nuit, cet ennemi à la fois intangible et tellement menaçant, cette personnification du mal et de la destruction. Associée au pouvoir, elle est impitoyable.

De Raven, avant sa rencontre avec Shaïa, on ne sait pas grand chose. C'est un peu comme si elle était née, ou du moins qu'elle s'était découverte une utilité le jour où leurs routes se sont croisées. C'est également ce jour là qu'elle a remis en question tout ce qu'elle croyait savoir et qu'elle s'est retrouvée ballotée d'un bout à l'autre du pays, à la recherche d'une réponse. De simple spectatrice, nous la voyons prendre progressivement son destin en main, poussée par la force des choses et les trahisons qui la marquent. J'avoue avoir beaucoup plus apprécié la dernière partie du roman, lorsque Raven agit et que la lumière commence à se faire sur le rôle des magiciens, les alliances et l'avancée de la Nuit. Car, comme Raven, nous avancions à tâtons dans ce récit où nombre d'éléments nous étaient inconnus.

Parfois frustrée par le survol de certains lieux ou populations, certaines histoires que j'aurais souhaité voir un peu plus approfondies, j'ai eu un peu de mal à apprécier Raven. Tout du moins la Raven du début, qui manquait un peu de relief à mon goût. J'avoue avoir douté d'un peu tout le monde au cours du récit, Bastienne instillant le doute aussi bien dans l'esprit du lecteur que dans celui de Raven.

Un récit résolument sombre, dans lequel prédominent recherche de pouvoir et cruauté. S'il y a bel et bien une lumière au bout du chemin, que les rencontres qui émaillent la route de Raven apportent espoir et, parfois, bienveillance, les obstacles qui se dressent sont toujours plus nombreux. Il m'aura manqué un petit quelque chose pour pleinement apprécier cette lecture qui m'a tout de même embarquée, avec une étonnante facilité, dans une course contre la Nuit.

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