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#PLIB2022 Prospérine Virgule-Point et la phrase sans fin - Laure Dargelos

#PLIB2022 Prospérine Virgule-Point et la phrase sans fin - Laure Dargelos

Auteure : Laure Dargelos

RIVKA

Parution : Avril 2021

Note : 4 / 5

342 pages

#ISBN2957023741 #PLIB2022


Résumé éditeur :

Demi-Mot aurait pu être un village ordinaire, s’il n’était pas bâti à la limite du Texte. Jour après jour, les habitants polissent et astiquent les lettres ; ils entretiennent ces milliers de caractères qui, sans leur concours, se seraient déjà effondrés. Chez les Virgule-Point, l’aînée de la fratrie a choisi une voie bien différente : fleuriste ! Elle préfère bichonner des Trompettes à pétales plutôt que de faire prospérer l’empire des points et des virgules. Mais un événement inexplicable ne tarde pas à l’entraîner dans une spirale qui la dépasse.⁣

Et si l’avenir du village était en jeu ? Et si tout était lié à la Phrase sans fin, cette mystérieuse phrase laissée en suspens par l’Auteur ? ⁣

Avis lecteur :

Aujourd'hui, je vais vous présenter un roman "inclassable". Une petite pépite, comme j'en ai rarement lu.


C'est loufoque à souhait, comme le personnage principal de Prospérine, qui est haut en couleur et légèrement excentrique.

Prospérine Virgule Point, du fait du mariage de ses parents : Monsieur Virgule et Madame Point. En une seule phrase, voici résumé l'esprit de ce texte qui se passe au sein même des livres : jouer sur les mots et faire des jeu de mots, la syntaxe, le vocabulaire. On découvre une vie interne, propre à chaque texte, où des ouvriers s'occupent des lettres. A Demi-Mot, c'est le texte Peines Perdues qui est choyé, il s'agit d'un manuscrit inachevé, avec "une phrase sans fin".

On y trouve également Honoré Point-Virgule, jeune homme qui habite à la Capitale et qui revient voir sa famille à Demi-Mot (et on ne va pas se mentir, il n'a qu'une envie, repartir). Un événement va réunir ces deux personnages que tout oppose et ils vont décider d'enquêter ensemble sur le décès du jeune Tom W. Il va s'en suivre des joutes verbales assez sympa! je me suis attachée à ce duo (voir trio, car ils sont accompagnées d'une plante plutôt spéciale et au caractère bien trempée).

Ernest, le frère de Prospérine est un dictionnaire ambulant et il a un super pouvoir, il peut voyager au sein des livres!

La galerie de personnage est riche et diversifiée.


Au début, je m'attendais à une histoire mignonne, sans trop d'action. Et je me suis bien trompée, j'ai été happée par l'histoire, que j'ai trouvé totalement addictive. Je ne m'attendais pas à avoir de tels rebondissements, amené avec beaucoup d'humour (et j'aime ce mélange!). L'intrigue est bien ficelée et bien amenée.

J'ai même trouvé un fond engagé à ce roman, avec le dérèglement textuel, qui fait échos je pense au dérèglement climatique.


Tous est finement étudié par l'auteure : les noms/prénoms, les façons de parler (en majuscule dans le texte), les lieux créés, les références, un travail sur le style (italique, gras, accent)... c'est un énorme travail sur le fond et la forme, où tout à une importance. Par moment, je me suis surprise à lire ce roman à voix haute, en essayant de faire les accents des "gens de la ville". Je trouve que ce texte a une certaine musicalité. Tout tourne autour des lettres , des mots et du monde de la littérature, c'est juste génial. L'univers alternatif créé est très riche et fait travailler l'imagination.


C'est là aussi la magie du PLIB, honnêtement, je ne suis pas sûre que j'aurai lu ce roman, s'il n'avait pas été dans la liste des finalistes. c'est une belle découverte! Je le conseille à tout les amateurs de livres ou de mots.

Avec son toit en forme d'accent circonflexe, elle était la construction la plus haute, mais aussi la plus étroite du comté. En réalité, il s'agissait d'un ancien I qui avait été reconverti en habitation. Cette architecture lettrale n'avait rien de surprenant à Demi-Mot, car le village était bâti à la limite du Texte.
Parfois, la vie est injuste, elle s'amuse à nous mettre des bâtons dans les roues, mais ce n'est pas parce que nous pleurons aujourd'hui qui nous ne sourirons pas demain.
Parfois, je pense que l'Oubli est pire que la mort. Voir des vies être balayées, effacées comme si ces gens n'avaient jamais existé, c'est un sort que je ne souhaite à personne...

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