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Phobos 3 - Victor Dixen


Phobos³

Auteur : Victor Dixen

Éditeur : R-jeunes adultes (24/11/2016)

FIN DU PROGRAMME GENESIS DANS 1 MOIS... 1 JOUR... 1 HEURE... ILS SONT PRÊTS À MENTIR POUR SAUVER LEUR PEAU. Ils sont les douze naufragés de Mars. Ils sont aussi les complices d'un effroyable mensonge. Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre. ELLE EST PRÊTE À MOURIR POUR SAUVER LE MONDE. Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ? MÊME SI LE COMPTE À REBOURS EXPIRE, IL EST TROP TARD POUR RENONCER.



















Ce ne sont pas les évènements qui comptent, mais le moment où ils se produisent et la manière dont ils sont interprétés.

Avis :

Phobos est la série que je souhaitais terminer cette année. Commencée il y a presque un an et demi, je n’avais pas osé me lancer dans ce tome 3, ayant anticipé certains évènements, suite à la fin du second volet ; de plus, j’avais du malencontreusement lire quelques mots qui m’avaient induite en erreur sur le devenir d’un de mes personnages préférés.

J’ai, au préalable, relu mon avis sur les tomes 1 et 2, dont je vous mets les liens au-dessus ↑ (cliquez sur les photos et remarquez au passage la beauté des couvertures), et j’ai retrouvé la plupart des points qui m'avaient déjà gênée à l'époque.

Je ressors un peu chamboulée de ma lecture à vrai dire; pourtant, j'ai eu beaucoup beaucoup de mal à re-rentrer dans l'histoire. La faute à cette narration si particulière mais également assez lourde à mon goût, qui passe en revue le moindre détail, retranscrivant le rendu télévisuel des scènes.

Certaines scènes sont décrites du point de vue, et avec le ressenti de Léonor, la candidate française et les autres, que ce soit sur Mars ou sur Terre, d’un regard extérieur. Léonor m’a passablement agacée dans cet opus, je n’en étais déjà pas une très grande fan, mais son inconstance et sa passivité ont fini par me lasser ; si j’ai aimé son côté indépendante et femme affranchie, car oui, il faut se le dire, malgré la dureté de la chose, il faut faire passer ses convictions avant tout, j’ai été plus gênée par sa manière de gérer le domaine sentimental.

Je suis vraiment très mitigée sur l’appréciation de Phobos 3 car autant je me suis ennuyée sur une grosse partie, attendant quelque chose qui ne venait pas, pas du tout embarquée par le pugilat conte M***** que j’ai trouvé injuste et exagéré (même si chaque argumentaire, forgé dans le vécu des personnages, a sa raison d’être). Le comportement des pionniers m'a dérangée (comme il dérange d’ailleurs Léonor), comme si ils avaient oublié à qui ils doivent leur péril, qu’ils se voilaient la face… J’ai eu beaucoup de mal à éprouver une quelconque empathie pour l’un ou l’autre ; et puis le fait que mon chouchou soit absent y a sans doute contribué également, j’aurai vraiment apprécié de savoir ce qu’il faisait de son côté.

Autant la seconde partie m’a complétement embarquée, me menant de surprise en surprise, donnant à l’histoire des proportions hallucinantes. Tout s’emballe, Léonor réagit enfin, seule combattante encore présente contre la maléfique McBee ; et le plan machiavélique de cette dernière avance à grand pas. Nous sommes très loin, ici, du simple speed-dating spatial de départ, les considérations politiques entrent largement en jeu, les découvertes d’Harmony (la « fille » de Serena) ajoutent de l’huile sur le feu et nous poussent sur le domaine de la science-fiction (pour le moment encore) et Victor Dixen fait de son roman quelque chose d’angoissant, de prenant, de révoltant contre le lequel nous ne pouvons rien et nous subissons impuissant les claques qu’il nous assène ! Serena McBee est vraiment une femme hors-norme, que l’on n’arrive pas à cerner et qui nous surprend toujours dans sa folie ; une femme dangereuse, qui arrive à soulever les foules et manipuler le public à sa guise. Pour nous, qui voyons le revers de la médaille, cela fait vraiment froid dans le dos : la ferveur populaire, prête à suivre les yeux fermés leur "sauveuse", sans se poser de question, tout en restant dans son petit confort et en se faisant priver, successivement, de leurs droits sans réagir, trop aveuglés. J’ai beaucoup aimé la prise de conscience de Léonor sur la fin, le retournement de situation du côté des abeilles et j’espère que cette fin rocambolesque nous annonce un 4e volet dans le même genre : addictif, plein d’action et qui fait réfléchir ! Une chose est sûre, il sera, je l’ai lu, différent.

Le gros plus du livre ce sont les illustrations qui l’émaillent , que ce soit des dessins, des schémas explicatifs ou encore des logos ; cela lui donne un vrai aspect interactif. Le gros moins, ce sont les début de « chapitres » criptés par la suite : il existe un hors-série (Phobos origines), qui retrace différents moments de la vie des garçons ; ces moments sont insérés tronqués dans Phobos 3 et incitent à se reporter à Phobos origine (assimilé à un programme payant pour ceux qui suivent l’émission). C'est très bien trouvé et tout à faire dans le thème de la téléréalité, mais c'est aussi moyen car ça pousse le lecteur à acheter le hors-série qui n’est pas non plus indispensable (même si il apporte quelques éclaircissements). De plus, comme je l’avais lu directement à la suite du 2, il aurait finalement mieux valu le lire en parallèle du 3 (petit conseil pour ceux qui ne se sont pas encore lancés dans la série mais qui l’envisagent).

Une série qui n’est pas parfaite à mon sens, mais qui a de gros atouts, BEAUCOUP de personnages dont les qualités/défauts s’équilibrent et si Victor Dixen m’a brisé le cœur, il a aussi su susciter ma curiosité et prouver que quelles que soient les cartes que l’on reçoit à la naissance, il faut savoir se donner les moyens de réussir ce que l’on entreprend. Il nous donne également une grande leçon d’amour (et d’altruisme) : rien n’importe plus que le bonheur de l’être aimé, même s’il n’est pas avec nous (et même si mon côté fleur bleue à beaucoup de mal à l’entendre, il n’y a rien de plus beau ni de plus triste).

Le Yin et le yang sont aussi différents que la nuit et le jour, le vide et plein, le froid et le chaud…le mal et le bien. Pourtant, regardez : il y a un point blanc dans la partie noire, et un point noir dans la partie blanche. Parce que rien n’est jamais tout noir, ni tout blanc. Parce que personne n’est jamais entièrement mauvais, ni entièrement bon.

De toutes les voiles dont disposent les humains pour naviguer au gré de l’existence, celles du cœur sont les plus difficiles à orienter, et peut-être même est-ce impossible.

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