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Victime 55 - James Delargy

Victime 55

Auteur : James Delargy

Éditeur : Harper Collins (08/01/2020)


Résumé :

Dans une petite ville australienne, un jour de canicule, un officier de police habitué à régler des querelles de voisinage sans gravité voit débarquer au poste un homme couvert de sang. Drogué puis séquestré dans une cabane en plein forêt, Gabriel vient d'échapper à un sériel killer. Son bourreau, Heath, aurait déjà fait 54 victimes.

Quelques heures plus tard, ledit Heath se présente au commissariat. Il n'est pas venu se rendre mais demander la protection de la police. Retenu prisonnier dans les bois, il aurait échappé de justesse à un fou furieux. Un certain Gabriel.

Des témoignages identiques, deux suspects potentiels.

Qui de Heath ou de Gabriel dit la vérité ? Et qui sera la victime 55 ?


Avis :

Le speech de départ de Victime 55 me tentait vraiment beaucoup : deux hommes s’accusant mutuellement d’être des tueurs en série et clamant avoir échappé de peu à la mort toute 55e victime qu’ils auraient été.

James Delargy nous glisse dans une ambiance tendue, où les valeurs humaines ne sont pas les plus nobles et le paysage aride environnant, tend à accentuer cet aspect de sécheresse de l’âme. Ce qu’il faut savoir, c’est que le récit ne tourne pas QUE autour des deux suspects, mais principalement autour du Shérif de Wilbrook. Chandler a passé toute sa vie dans ce village coupé du monde et son meilleur ami, comme sa femme, ont préféré rejoindre la ville que de rester dans cet endroit isolé. Il élève seul (avec l’aide de ses parents) ses deux enfants et dirige la petite équipe de police locale. Cela est sans compter le retour de son meilleur ami, Mitch, devenu inspecteur et mandaté pour résoudre l’affaire des tueurs en série.

En parallèle, nous suivons (dans des chapitres en italique) la première enquête des deux amis, à leur début dans les forces de l’ordre. On comprend qu’il s’est passé quelque chose, cette année-là, qui a provoqué une rupture.

Le personnage de Mitch est antipathique au possible, prêt à écraser les autres pour la renommée et gagner encore du galon ; on sent un grand ressentiment entre les deux hommes, sans vraiment savoir d’où celui-ci vient. On ne le comprend d’ailleurs toujours pas à la fin du roman, hormis à se dire que Mitch est foncièrement mauvais. La psychologie de Chandler est fortement développée au fil du livre, son empathie, son sens de la justice, son impulsivité parfois. Entre les deux hommes se dessine un jeu du chat et de la souris qui fait parfois grincer des dents : le comportement de Mitch semble vraiment injuste et infondé ; comment penser qu’ils aient pu être un jour meilleurs amis !

A côté, l’accusation mutuelle de Heath et Gabriel passe au second plan ; l’enquête avance doucement et, si Mitch déploie son unité d’une main de maître, sachant se montrer efficace pour donner des ordres, il l’est beaucoup moins pour ce qui est de découvrir la vérité. Chandler se révèle bien meilleur profiler et va, petit à petit, comprendre ce qu’il en est.

James Delargy arrive à instiller le doute dans l’esprit du lecteur : les deux suspects semblent tous les deux à la fois coupables et innocents. Les descriptions étant du point de vue de Chandler, nous avons du mal à nous détacher de son propre ressenti, toutefois, aucun des deux hommes ne semble totalement irréprochable. L’auteur entretient une suspicion constante et une ambiance délétère dans le poste de police où les hommes oscillent entre recherche de la vérité et problèmes personnels. Les personnalités se heurtent, au détriment de l’affaire.

Les quelques derniers chapitres nous maintiennent dans une angoisse grandissante alors que les révélations finales se font, et que des décisions doivent être prises, dans une course contre la montre.

Au final, Victime 55 se lit bien, nous sommes entraînés par Chandler, qui rencontre ses propres démons, à la recherche de la vérité ; pourtant, il ne surprend pas vraiment car, même si le doute plane jusqu’au bout, j’ai pour ma part eu l’intuition de deux éléments importants (la vie privée de Mitch et la présence d’un fantôme du passé). Le seul petit hic dans tout cela, est que je déteste les fins ouvertes… et là, j’ai été servie !


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